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Fabien, Carla, Sarkozy et les banques

14 février 2008 1 commentaire

carla bruni Les banques ont mangé une sale raclée depuis 6 mois. Les actions des sociétés financières trébuchent les unes après les autres. Le papier commercial Cotonnelle adossé à du vent (PCAA) les fout dans le pétrin comme jamais. J’ai maintenant 2 points de vue en commun avec le président français… il y avait Carla Bruni et … maintenant, je partage son opinion sur les banques. Il souhaite qu’elles s’en tiennent à des activités de financement commercial et cessent de se mêler de stratégies boursières audacieuses.

Avec ses 5 milliards d’euros en pures pertes, la Société Générale a fait la démonstration que les banques sont parfaitement incompétentes à juger des risques de marchés boursiers. Jérôme Ferkiel, négociateur de contrats à terme a fait sauter toutes les barrières de contrôle et a fait perdre cette somme colossale à son employeur. Incroyable!

Déjà, cette institution avait annoncé avoir perdu 2 milliards dans les prêts adossés aux subprimes américains. Voilà que cette nouvelle secoue encore violemment le monde financier.

Au Canada aussi, quelques-unes de nos banques ont joué à la roulette russe des options et contrats à terme. Rappelez-vous l’an passé de BMO qui a perdu près de 800 millions dans des options. Elle pariait sur une augmentation du prix du gaz naturel (alors qu’il baissait). Du côté de la Banque Nationale, on a foutu du papier commercial de camelote un peu partout dans les comptes et activités de la banque, si bien qu’elle a dû déclarer une perte trimestrielle pour la première fois … en 15 ans. C’est pas trop grave, le président Louis Vachon touchera quand même une partie de son boni de fin d’année. À son maigre salaire de 810 000$ s’ajoute 1,2 million en actions. Comparativement à 2006, il avait obtenu 4,25 millions $ au total. C’est la misère quoi!

Revenons à nos gamblers de milliards. C’est pas d’hier que les banques jouent aux apprentis sorciers. Je vous remets dans le contexte.

1997-98: Les banques s’époumonent à faire entrer en bourse des centaines de jeunes entreprises technos pré-pubères. Elles empochent partout de mégas commissions au passage. Avec les IPO, avec leurs fonds communs, avec leurs valeurs mobilières et pourquoi pas en favorisant les prêts sur marge de ces mêmes clients… Cha-ching-kacling! Le tiroir-caisse résonne pendant 4 ans! Ensuite, c’est la panne sèche! Les attentats de septembre 2001 et le krach du Nasdaq qui s’ensuit va abruptement couper les vivres… et les bénéfices aux banques. Les taux d’intérêt deviennent anémiques.

Au même moment, les gestionnaires de hedge funds commencent à avoir du succès avec des opérations complexes d’arbitrage. Ils réussissent à transformer des pertes boursières en gains colossaux grâce aux ventes à découvert! Les banquiers en salivent! Ils ouvrent donc à tour de rôle des départements de produits structurés. L’objectif: Réussir à faire des rendements plus substantiels (de 2 à 4 points de base supérieurs) que les taux directeurs. C’est ainsi que le financement de biens à tempérament (acheter maintenant, payer plus tard) et les hypothèques de cowboys se sont mélangés à des titres de dettes de qualité.

Les agences de notation de crédit (au Canada; DBRS), ne connaissant pas trop ces produits structurés, elles se sont fiées uniquement aux gros banquiers gras. Et elles ont donné à ce papier commercial de mes deux… des cotes de complaisance. Pour les autres joueurs compulsifs du système financier, cela a eu l’effet d’une bénédiction papale! Lorsque les poursuites vont commencer à pleuvoir, il est à parier que les agences de notation vont recevoir quelques taloches bien senties!

Finalement, les banques reviennent à la case 2002. On vient de nettoyer tous les bénéfices ILLÉGITIMES qu’elles s’étaient appropriées par l’alchimie de la gestion alternative. La course au rendement trimestriel vise à décrocher de gros bonus. Ceux qui accèdent aux chaudes banquettes présidentielles des banques savent que le party est de courte durée alors, ils font tout ce qu’ils peuvent pour toucher leurs bonifications démesurées.

Au moment d’écrire ces lignes, Sarkozy est à Londres pour une réunion avec son homologue britannique. Il a bien l’intention que les gouvernements commencent à légiférer sur les risques encourus par les banques. Non, mais c’est vrai. Elles sont très heureuses de constater que les gouvernements leurs sauvent la peau des fesses à chacune de leurs bêtises, mais il faudra quand même leur enlever le revolver d’entre les mains!

1 commentaire »

  • Majorblog.net » Remboursez! a dit:

    [...] je vous ai entretenu sur les causes de la crise financière actuelle qui secoue le globe depuis 2006. Maintenant que les emplois se [...]

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