05172012Manchettes:

Carnet d’Espagne: Vite, Il faut trouver 450 milliards

Que s’est-il passé?

À l'image de sa bulle immobilière, la crise en Espagne est sans précédent

Dans toute la grande Europe, aucun pays ne s’était autant spécialisé dans la construction. De beaux et bons emplois, bien rémunérés. Jusqu’à l’éclatement de la bulle en 2008, le gouvernement Zapatero a puisé la majorité de ses revenus dans les taxes et impôts liés à l’habitation et au développement immobilier. La dépendance à un seul secteur économique a rendu tout l’appareil gouvernemental vulnérable. Ruinée par la boulimie immobilière et la cupidité de ses banquiers, L’Espagne a maintenant besoin de 448 milliards pour faire face à ses obligations financières des 18 prochains mois. C’est trois fois plus que la Grèce, qu’on savait déjà dans les sables mouvants.

En arrivant en Espagne, j’ai séjourné dans la magnifique Marbella de la Côte du Soleil. Une cité qui jusqu’à récemment représentait LA station balnéaire des riches et puissants, mais aussi, le berceau de la spéculation sans scrupule. Des chanteuses pop, des joueurs de foot, des mafiosos, des promoteurs et des élus, etc. Des centaines de personnes ont trempé dans des magouilles à faire saliver les enquêteurs de notre Escouade Marteau.

Au plus fort de la bulle immobilière, on construisait partout des tours à condos. Sans vergogne, les promoteurs s’installaient parfois sur des parcs municipaux ou encore sur des lopins de terre de citoyens qu’on n’avait même pas pris la peine d’exproprier. Pour vous donner une idée de l’ampleur de la corruption systématique qui gangrenait Marbella; au début de l’enquête les policiers ont saisi 2,4 milliards d’euros (3,4 milliards $ canadiens) en biens d’origine suspecte. Le 7 avril 2006, fait inédit en Espagne, le conseil municipal a été dissous sous ordre gouvernemental.

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