04242014Manchettes:

Les experts de la finance en arrachent

Il est définitivement plus facile de prédire les chutes de météorites que le cours des valeurs boursières. Mais pourquoi diable, certains experts se prêtent encore au jeu suicidaire de la prévision des rendements futurs des grands parquets? Depuis des lustres, le journal LaPresse demande à des experts de se prononcer sur la valeur des indices de marché pour l’année qui débute. Avec du recul, on s’aperçoit que leurs prévisions sont aussi fiables que celles de Jojo Savard.  Pour 2011, les «clairvoyants» ont TOUS anticipé une belle performance de la bourse canadienne (entre 8 et 15%). Et ils ont aussi tous vu les obligations faire du surplace ou reculer. Difficile d’être plus dans le champ que ça!

L’an passé, le S&P/TSX a reculé de -8,7%. Le S&P 500 et les obligations à court terme ont satisfait avec +4,6% et les obligations gouvernementales à long terme ont explosé de 18,8%. Mais il y a pire. Denis Durand de Jarislowsky, Vincent Delisle de Scotia, Jean-Paul Giacometti de Claret que Luc Girard de Desjardins ont recommandé aux lecteurs de LaPresse de privilégier les actions de Research In Motion. C’était sans doute le plus mauvais choix de 2011! On connaît l’histoire, depuis 1 an et demi, le fabricant du Blackberry est devenu un «Blackhole» et a perdu 82% de sa valeur.

Ma foi, est-ce que c’est ce même comité qui a convaincu Gainey et Gauthier de repêcher Scott Gomez et de lui donner un salaire de banquier?

Bref, si vous aviez parié sur la position CONTRAIRE aux experts avec des options, vous auriez fait un gros paquet de fric. Mais c’est ça l’ennui. Bien des lecteurs de journaux se fient sur ces EXPERTS pour faire leurs choix de placement et subissent les conséquences, sans possibilité de recours.

Pour 2012, les sages de LaPresse ne sont pas partis pour avoir l’air plus fin. À part Pierre Lapointe de Brookhouse Cooper qui anticipait une année difficile, ils étaient tous assez jovialistes dans leurs savantes prédictions. Giacommetti pétait encore le feu en anticipant des 12 et 16%. ET la même chaude recommandation: privilégier RIM! Misère.

ALORS, SUR QUI SE FIER?

Ne comptez jamais sur moi pour me prêter à genre d’exercice hasardeux. C’est très flatteur pour l’égo, mais ça peut être désastreux pour la crédibilité! Dans notre marché irrationnel, il est archicompliqué d’anticiper 24 heures à l’avance. Imaginez devoir prédire une année complète! Il y a trop de variables pour prétendre: “Euh, ça devrait faire +8%”. Qu’est-ce qu’on dit aux investisseurs quand ça fait 16% de moins??? “C’est pas de ma faute, c’est que les Grecs…” Ça fait pas sérieux!

Comment faire alors pour placer ses billes dans un contexte si imprévisible? SIMPLE: En observant les tendances et en prenant des positions qui couvrent l’ENSEMBLE des scénarios. Il y a un peu plus de 3 ans, la société d’investissement mondiale Invesco a cessé de jouer aux devinettes avec les marchés et à instauré une méthodologie de  répartition stratégique de l’actif par conjoncture économique. La méthode Tacticiel couvre autant une conjoncture de croissance inflationniste, non inflationniste qu’une récession. En mariant la gestion indicielle avec la gestion active de portefeuille,  elle parvient à devancer TOUS les concurrents.

Avouer candidement qu’on ne sait pas et qu’ON NE PEUT PAS SAVOIR, ce n’est pas spectaculaire mais c’est efficace!

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4 Réponses to "Les experts de la finance en arrachent"

  1. Fabien Major dit :

    Merci pour l’article JF!

    La conclusion est excellente: …”les experts doivent nous guider dans nos choix, et non les faire pour nous.”

    En privilégiant des titres boursiers spécifiques, les experts de LaPresse ont pris un sacré risque. La crédibilité se gagne difficilement, mais se perd facilement.

  2. Fabien Major dit :

    C’est drôle que vous parliez des singes et des fléchettes! J’avais exactement cette image en tête au moment d’écrire le billet!:)

  3. Prévisionnistes, analystes, experts… Tous carburent à la prévision, permettant d’orienter les décisions de ceux qui les écoutent. Sauf qu’un expert à qui on demande de prévoir l’avenir a autant de chances de viser juste qu’un singe en a de toucher une cible avec des fléchettes, les yeux bandés.

    Mieux encore, « la prévision financière semble être une science qui donne une image respectable de l’astrologie », écrivait l’économiste américain Burton Malkiel, auteur de l’ouvrage A Random Walk Down Wall Street, qui argumente en faveur de la théorie des marchés efficients. [...]