12202014Manchettes:

Fonds de la FTQ; les précisions de l’AMF et ma posologie

J’ai reçu un coup de fil hier après-midi d’un représentant de l’Autorité des Marchés Financiers. Le directeur des communications monsieur Sylvain Théberge, m’a mentionné que mon billet d’hier les a fait bondir.

Il est exact d’affirmer que les fonds de syndicats ne sont pas encadrés dans leur distribution comme l’ensemble de l’industrie. Les employés qui font la souscription des parts de ces fonds n’ont pas reçu de formation officielle et ne détiennent aucun permis en épargne collective ou en valeurs mobilières. Ce ne sont encore moins des planificateurs financiers. Monsieur  Théberge reconnaît que les employés qui détiennent les clefs de la porte d’entrée du fonds de 8,5 milliards de la FTQ n’ont reçu qu’une formation interne et sont souvent des officiers syndicaux d’usines ou d’entreprises en lien avec la FTQ.

Monsieur Théberge tient à corriger mon affirmation «Lorsque vous écrivez  que le fonds jouit d’une quasi-immunité diplomatique qui empêche même l’AMF d’y mettre le bout du nez, ça nous met mal à l’aise. L’AMF intervient, vérifie, analyse et reçoit la pleine collaboration des dirigeants du Fonds quant à la gestion de ses actifs. Nous les surveillons de près et nous en faisons des rapports réguliers au ministre des Finances ».

Comme vous l’avez sans doute remarqué, mon billet était séparé en deux sections. La première partie traitait de la «Distribution de fonds». Là-dessus, pas de doute l’AMF ne surveille pas le processus de vente et la formation des employés de la FTQ. Ceux -ci offrent quand même des «actions» aux épargnants. Dans ce sens, il est flagrant qu’ils jouissent d’un privilège UNIQUE. Est-ce que c’est l’intérêt du public qui prédomine toujours? Ce n’est pas à moi d’y répondre.

Pour ce qui est de la composition du fonds et la gestion des sociétés, si l’AMF a le nez là-dedans régulièrement j’en suis rassuré, mais je demeure encore perplexe et convaincu que ses passe-droits en matière de distribution ne sont plus justifiés en 2012. Au fil des ans, le fonds FTQ a connu une extraordinaire croissance et comme me le faisait remarquer monsieur Théberge de l’AMF, le REER de la FTQ est parfois le seul actif que des travailleurs ont réussi à accumuler dans leur vie. Justement, les épargnants devraient en être mieux informés et pour se faire, on doit ENCADRER les employés responsables de la distribution des fonds de syndicats comme le reste de l’industrie.

POSOLOGIE: LIRE ATTENTIVEMENT LES ÉTATS FINANCIERS

En analysant les états financiers du fonds FTQ, on remarque de nombreux investissements qui ne figurent JAMAIS sur leurs panneaux publicitaires. Pourtant, quand on achète un fonds, on achète aussi TOUS LES INVESTISSEMENTS SOUS-JACENTS.

On nous vante les participations dans Juste pour Rire, le Canadien de Montréal,  L’Impact, Transat, DaVinci, Osisko…etc mais on garde sous silence que leurs épargnes servent  AUSSI à acheter des titres DE SOLIDARITÉ comme:

Athabasca Oil (Sables bitumineux), Barrick Gold, Cameco (Uranium), Chevron, China Gold Int., CIBC, Coca-Cola, Costco, Dow Chemical, Dr Pepper, Embridge, Encana, Estée Lauder, Exxon, France Telecom, Heineken, HJ Heinz, Imperial Tobacco, Toronto Hydro, Toyota, Israel Chemicals, Japan Tobacco, Lafarge, L’Oreal, Mitsubishi,  Nipon Meat Packers, Pepsico, Philip Morris, Procter&Gamble, Suncor, Talisman, Uranium One, Verizon, Yamaha… Pas des farces. On y trouve même des «fleurons» comme Lehman Brothers et SinoForest!

On se garde bien de crier dans les annonces télé qu’on joue sur les variations des devises avec des contrats à terme sur le dollar américain, de Hong Kong, de Singapour, du Franc Suisse, la Livre sterling, le Shekel israélien et le Yen.

Bref, en date du 31 mai 2012 on trouve 4 MILLIARDS sur ses 8,5  milliards qui sont des actifs catégorisés dans la section «AUTRES INVESTISSEMENTS (non audité) ». Des titres qui regroupent des instruments financiers comme des obligations, actions en bourse et produits dérivés qui N’ONT RIEN AVOIR du tout avec l’économie québécoise et la création d’emploi chez nous.

Ne pensez-vous pas que cette créature mérite une restructuration en profondeur?  Je suis partisan de sa scission organisée. Les actifs boursiers et obligataires se retrouveraient d’un bord et seraient vendus par du personnel qualifié et soumis aux règles de l’AMF et les investissements de capital régional et en développement, seraient proposé de l’autre côté par la structure en place.

Donner des crédits d’impôt de 30% pour nos sociétés québécoises et le soutien à l’emploi, je veux bien, mais que mes taxes servent à encourager des travailleurs japonais, des producteurs d’uranium, des spéculateurs de devises, les promoteurs du gaz de schiste, des cigarettiers et ou autres industriels étrangers.. NON MERCI!