09212014Manchettes:

5 idées pour réduire la dette

On peut être déçu d’entendre si peu de nouvelles idées servant à réduire notre dette colossale. Comme on ne peut plus imposer davantage la classe moyenne, il faut penser autrement. De peur de perdre des électeurs potentiels, les politiciens n’ont que de vagues promesses à offrir. Du genre «nous ferons des économies d’échelle» ou «nous dégraisserons l’appareil gouvernemental». Pour ce qui est du concret, il y a des suggestions précises seulement du côté des partis qui sont assurés de ne pas diriger la province.

Tentez l’expérience. Entre confrères et amis, cherchez les passoires par où l’état laisse filer des millions. Avec une dette provinciale dépassant les 252 milliards , ne croyez-vous pas qu’il est temps que nos dirigeants réfléchissent aux «fuites massives» facilement endigables? A PARTIR DE CE QUI SE FAIT DANS D’AUTRES ÉTATS, VOICI QUELQUES SOURCES OÙ NOUS POURRIONS RÉCUPÉRER DES MILLIONS, VOIR DES MILLIARDS.

1-Limiter les paiements en argent comptant! En obligeant les marchands à utiliser un système informatique de contrôle de facturation des repas, le gouvernement est venu freiner abruptement la fraude fiscale dans la restauration. Un succès formidable. Revenu Québec est parvenu à obliger la récupération des taxes de ventes sur des millions de transactions au comptant. Fort de ce succès, on pourrait faire davantage.

Le comptant est encore roi et maître dans des tas de commerces et industries. Par exemple, dans le monde de l’automobile, on accepte encore et toujours du gros CASH. Les concessionnaires de Porsche et BMW et autres véhicules de grands luxes se font payer CHAQUE SEMAINE par des clients aux poches pleines de billets. Dites-moi, qui peut bien se balader avec 80 000$ dans sa sacoche?
En limitant les paiements au comptant à 5000$ chez les concessionnaires, vendeurs de piscines, entrepreneurs en construction, bijouteries, boutiques haut de gamme… etc. on obligerait les acheteurs à laisser des TRACES! Ensuite, le jumelage de fichiers et les indices de richesse de Revenu Québec feront le travail!

Tous ceux qui gagnent leurs dollars honnêtement ne voient AUCUN problème à régler leurs achats importants par chèques visés, débit ou crédit.

Pour ceux qui ne le savaient pas encore. Dans le domaine du conseil financier, les mesures suivant les attaques du World Trade Center ont clos pour de bon une porte d’entrée au crime et du blanchiment d’argent. Depuis 10 ans, il est impossible de payer une assurance vie ou de faire des placements en bourse ou en fonds, avec de l’argent comptant. Même les traites bancaires sont interdites. De plus, nous devons identifier TOUT prêt nom possible et même indiquer si on a des doutes de croire qu’une autre personne que le titulaire peut exercer un contrôle sur les comptes d’investissements. On l’a fait ici. On peut bien le faire ailleurs!

2-Taxer la richesse. De nombreux pays en sont venus à la conclusion que taxer les revenus, ça laisse des trous béants. En taxant la richesse ou si vous préférez «La valeur NETTE des contribuables» on élimine des injustices. Par exemple, une veuve multimillionnaire qui n’a que des actions en bourse ou des fonds en structure corporative ne décaissera que son capital pour vivre. Ses gains en capitaux fleuriront jusqu’à sa mort. Elle pourra ainsi toucher en toute légalité sa pleine pension de vieillesse, sa RRQ et même le supplément de revenu garanti destiné aux plus pauvres des pauvres.

Cette absurdité est une vérité de lapalisse dans l’industrie. Une farce pour les comptables. Un cadeau inespéré pour les plus riches, mais une injustice pour ceux qui auraient besoin de quelques dollars de plus par mois. En Europe, notamment en France, il existe la ISR ou si vous préférez; l’impôt de solidarité sur la fortune.

On fait donc clairement une différence entre les revenus et le patrimoine. L’administration fiscale française stipule que: «Les personnes physiques qui ont leur domicile fiscal en France, et qui disposent d’un patrimoine dont la valeur nette en France et hors de France est supérieure ou égale à 1,3 million d’euros au 1er janvier 2012, sont soumises à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et doivent souscrire une déclaration. Il en est de même des personnes physiques qui n’ont pas leur domicile fiscal en France mais qui y possèdent des biens d’une valeur nette supérieure ou égale à 1,3 million d’euros.»

3-Imposer les gains à la loterie. Le Canada est un havre fiscal pour les gains à la loterie. Presque partout ailleurs, on ne se gêne pas et on «poivre joliment » les gains des jeux du hasard. Les états américains et européens proposent la plupart du temps une rente à vie imposable aux nouveaux millionnaires. S’ils optent pour la somme forfaitaire, la retenue fiscale peut dépasser les 50%.

Même les champions de poker de Vegas, se font retenir une taxe chanceuse. Le champion Jonathan Duhamel s’en est aperçu. De sa bourse de 9 millions gagnée l’an dernier, on lui a prélevé 4,3 millions.

4-Surtaxer les gains de spéculation (immobilière, boursière, et transactions éclairs). Il y a de ces opérations financières qui ne créent aucune valeur économique à la collectivité. Acheter un bien pour le revendre avec un profit la même journée peut être un hasard pour la plupart d’entre nous. Pour certains, c’est une profession. La spéculation a des effets dévastateurs pour les utilisateurs réels des biens, produits, denrées qui font l’objet de surenchère. Dans le cas des céréales, fruits, légumes, aliments… cela peut conduire en une inflation galopante qui peut même affamer des populations.

Le spéculateur n’a jamais envie de prendre livraison ou jouir d’un bien ou de créer des emplois. Il ne cherche qu’à réaliser un gain important dans le plus court laps de temps possible. Il est risible que des organisations de contrôles des opérations financières n’encadrent pas davantage les options de vente, d’achat et les contrats à terme (futures). Même de grands investisseurs comme Warren Buffett les qualifient d’armes de destruction massive. C’est pas compliqué, si l’individu ou la société qui réalise des transactions sur des produits ou éléments complètement hors de son champ d’activité (ex.: Banque d’Affaires qui échange en son compte du cuivre, du nickel, du café, du coton….) sans en prendre livraison physique, on pourrait taxer ses gains à 90% ou mieux, l’en interdire.

5-Surtaxer les biens de grands luxes. Il me semble aussi absurde que les taxes de vente n’aillent pas chercher davantage du côté des objets et services de grands luxes. Ferrari, Rolex, sacs Louis Vuitton, cigares de Havane, diamants, condos et résidences haut de gamme… pourraient être affligés d’un TVQ spéciale de 10-15 ou 20% de plus que la TVQ ordinaire. Je n’ai pas de problème avec ça.

Celui qui veut «flasher» avec une voiture de 300 000$ ne rechignera certainement pas à payer un supplément pour son privilège de bien paraître. Je conçois que la majorité des biens nantis ont gagné leur vie de manière totalement honnête.
Mais, on ne peut pas ignorer que les biens de grands luxes sont aussi la récompense de ceux qui gravitent dans le monde interlope. Une surtaxe sur les biens et services de grands luxes sera aussi une façon de récupérer une partie de ce que les bénéficiaires du crime organisées, de la collusion et la corruption soutirent à la société.

Que pensez-vous de cette liste? Pourquoi nos politiciens ne s’attaquent pas à ces passoires? Avez-vous d’autres idées?

8 Réponses to "5 idées pour réduire la dette"

  1. René Arbour dit :

    Je vous suis, monsieur Vachon. À la lecture de ce billet, j’ai par moment éprouvé un grand plaisir. Une sorte d’espoir que quelqu’un venait de trouver le moyen de… nous en sortir!

    Ben non, il n’est pas le premier à y penser! Déception. Monsieur Legault, chef de la CAQ, propose déjà des solutions qui vont dans ce sens. Bien sûr Monsieur Legault ne va pas aussi loin que Monsieur Major. Il doit de temps à autre faire valider des idées par les gens que ça touche.

    1- Limiter les paiements en argent comptant. Ça aurait du sens si, 1- la solution que vous proposé ne donnait pas le pouvoir aux dirigeants que nous élirons de TOUS savoir sur nos habitudes et nos tendances. Ils en savent déjà beaucoup trop pour le niveau de sagesse dont ils bénéficient! Monsieur Major doit bien voir comme nous tous, à quel point les gens qui héritent du pouvoir politique qui leur est temporairement consenti peuvent abuser de ce pouvoir. Imagimez la situation si ce pouvoir était élargi par la connaissance de tout ce que chaque citoyen dépense et comment et quand et pourquoi! Voulez-vous vraiment voir Big-Brother dormir dans votre lit? À moins bien sûr que vous ne visiez devenir vous-même ce Dieu tout-puissant!

    2- Taxer la richesse. Telle que vous la présentez, cette solution est intéressante. Mais je suis curieux de savoir comment vous comptez l’imposer. Nous savons tous que ce sont les gens qui seraient touchés par cette mesure qui manoeuvrent en les finançant, tous les leviers politiques que nous avons. J’aurais un peu peur pour vous et je tenterais de m’informer régulièrement de votre état de santé, si vous étiez celui en train d’établir ce genre de projet. Un accident est si vite oublié.

    3- Imposer les gains à la loterie. Ha! Ça, ça pourrait peut-être marcher. Mais il faudrait d’abord appauvrir davantage les pauvres, de sorte qu’ils continuent d’investir leurs derniers avoirs dans un rêve. Celui de vivre un jour ailleurs que dans la misère! Car les gens qui vivent de jeux ont des paradis fiscaux. Des paradis fiscaux, vous n’en parlez pas.

    4- Surtaxer les gains de spéculation. Les spéculateurs sont par définition, de dangereux criminels. Vous le dites vous-même, ils peuvent mener des peuples à la famine. Les surtaxer serait de les cautionner et de construire la société avec de l’argent sale. Vous ne pensez pas? Pourquoi ne pas interdire la spéculation? * Vous trouverez sans doute la réponse à cette question dans ma propre réponse à votre point 2. (voir plus haut)

    5- Surtaxer les biens de grands luxes. Vous nous dites: « Celui qui veut «flasher» avec une voiture de 300 000$ ne rechignera certainement pas à payer un supplément pour son privilège de bien paraître. » Hé! Hé! Avez-vous seulement déjà approché une personne qui veut s’offrir une voiture de ce prix et qui peut se le permettre? Je peux vous prédire que cette personne va non seulement rechigner à payer ce supplément, mais elle va initier le projet de vous exclure de son entourage pour ne plus être importuné par ce qu’il ou ce qu’elle verra comme étant vos balivernes.

    Enfin je vous remercie d’avoir mis vos connaissances à notre service, mais je craint fort que d’autres joueurs tentent de nous faire le même coup en cette période électorale. Des solutions idéologiquement séduisantes mais qui ne peuvent être appliquées sans une longue lutte, parsemé de grands moments.

    Merci encore

  2. Comme le dit Yannick, avant de s’attaquer aux revenus et il faudrait vraiment s’attaquer aux dépenses!

  3. Yannick Gagné dit :

    Malheureusement, votre liste ne s’attaque pas à la source de la maladie, mais seulement, aux symptômes. Car l’évasion fiscale est bel et bien le symptôme d’une cause sous-jacente.

    Vos suggestion sont-elles bonnes? Elles le seraient dans un contexte d’État minimal et efficace en ce qui concerne les responsabilités qui sont les siennes.

    Pourquoi voulez-vous donner plus d’argent à de mauvais gestionnaires? En quoi méritent-ils davantage de l’argent gagné à la sueur de votre front?

    Si vous aviez un mauvais gestionnaires de portefeuille avec lequel vous auriez, non pas l’impression, mais la certitude de ne pas en avoir pour votre argent, mettriez vous vraiment votre liste à exécution, en lui confiant davantage de vos fonds?

    Nous sommes déjà les plus taxés en Amérique du Nord afin de nourir un État providence obèse, tentaculaire et insatiable. Si ce modèle fonctionnait, on le saurait.

    Si l’État était responsable, frugal et bien géré, il aurait la caution morale de reserrer les contrôles fiscaux, mais en attendant, ça ne peut qu’être associé à du totalitarisme.

    Yannick Gagné, Libre@penseur

  4. Daniel Roy, CPA, CA dit :

    Bravo pour ces 5 façons de réduire la dette. Les gouvernements pourraient aussi éliminer les abris fiscaux, dont seuls les riches s’en prévalent. Parmi les abris fiscaux, on retrouve les REER, les REEE, les RRI, les CELI, etc. Je vais envoyer le lien de cet article aux partis politiques. Veuillez faire de même.

  5. Fabien Major dit :

    La logique de la provenance nous empêche d’y voir clair. Si vous investissez dans des actions de pacotilles qui vous coûte 200 ou 300$ et que la société devient le nouveau Microsoft, votre cagnotte de 50 000$ sera taxable et c’est bien normal. Même si vous avez payé vos actions avec des dollars NET d’impôt. C’est plutôt l’état des finances publiques qui doit nous allumer collectivement. Dans ce billet, je fais état de ce qui peut être fait pour nous en sortir.

  6. Volontaire, oui. C’est pour ça qu’on dit que c’est une taxe volontaire. Et elle est récompensé avec l’espoir d’être remboursé * 1 million :)

    Avec des casinos privés, je peux comprendre. Mais au Québec, 100% des profits des casinos et des lotteries vont DÉJÀ au gouvernement. Reprendre un autre 50% du gain promis n’est pas être un peu gourmand?

  7. Fabien Major dit :

    C’est tout à fait volontaire d’y participer ou non. Les américains, grands défenseurs des limitations fiscales ne s’obstinent pas à payer les impôts sur les gains. Les loteries sont des « SOCIÉTÉS » d’état. On ne parle pas d’une taxe lorsqu’on n’est pas obligé de jouer. La logique est simplement que nous étouffons sous les dettes.

  8. pas sûr de comprendre la logique de « Imposer les gains à la loterie ». La loterie, C’EST une taxe. Tant qu’à ça, aussi bien monter le prix du billet ou baisser le montant de gros lot. Ça sera mon hypocrite, non?