08202014Manchettes:

Vente d’ING à Scotia, le consommateur sort perdant

La nouvelle n’a surpris personne, mais en déçoit plusieurs. La vente d’ING-Direct à la Scotia pour plus de 3 milliards devra passer comme lettre à la poste auprès des autorités fédérales. Imaginez, c’est à peine plus que les bénéfices de son dernier trimestre à 2,051 milliards $! Il y a toujours des perdants dans ce genre de transaction. Ici, les employés et SURTOUT les consommateurs y perdront au change.

Dans un précédent billet, je soulevais que j’aurais bien vu une autre banque virtuelle prendre la relève, mais faut reconnaître que la plupart n’ont pas le capital requis. Il y avait Manuvie qui est un joueur important du secteur, mais dans ses habitudes d’acquisition, elle achète dans le style «VALEUR». Soit lorsque le prix est fortement déprécié et que les acheteurs sont craintifs. Elle ne participe jamais à des surenchères. Elle s’est donc abstenue.

La crise financière a gonflé les coffres et l’orgueil de nos banques. Les géantes sont devenues des colosses. Elles engrangent les profits à pelletées. ING Direct a réussi un exploit impensable. Elle a gagné le coeur et le porte-monnaie des épargnants canadiens. Son marketing ciblé et intelligent, jumelé à des produits simples à comprendre et à frais modiques, ont permis à ING Canada d’engranger 30 milliards en dépôt et AUTANT en hypothèques.

Elle a fait prendre conscience aux Canadiens que notre vieux modèle bancaire poussiéreux qui «prend plus qu’il ne donne» est désuet. Grâce à Internet, ON PEUT avoir des produits de dépôt 1 à 3 fois plus payants que ceux des vieilles banques chiches! Qu’une des ces vieilles sacoches ACHÈTE ING DIRECT est une insulte à l’intelligence. Ses clients cherchaient justement à se libérer de l’emprise et des frais élevés des banques traditionnelles.

La bouchée de 3,13 milliards que la Banque Scotia vient d’avaler sera sans doute difficile à digérer et prendra 12 à 18 mois. Elle a vu dans ses calculs des économies d’échelle substantielles et jumellera certainement ING-Direct à d’autres entités dont Dundee/Dynamic et Scotia iTrade…En prenant bien soin de supprimer tous les postes qui se dédoublent. Ensuite, question de rentabiliser le «deal» elle diminuera petit à petit les taux formidables que le consommateur (devenu captif) allait chercher chez ING. Si les baisses ne sont pas très significatives ou nulle, l’érosion sera faible. Mais si on offre les mêmes taux que Scotia ACCÉLÉRATION Plus soit 1,2% avec un solde minimum de 5000$, je ne serais pas surpris de voir une fuite massive vers les banques Manuvie, ALLY, ICICI, PC Financial, B2B Banque…

Dans les minutes suivant l’annonce de l’acquisition d’ING Canada par la Scotia, j’ai été vraiment étonné de voir le nombre d’abonnés Twitter à réagir négativement et surtout à chercher IMMÉDIATEMENT des alternatives. Heureusement, il y en a.

4 Réponses to "Vente d’ING à Scotia, le consommateur sort perdant"

  1. Mario dit :

    On verra ce qui va se passer dans les prochains mois. Si la banque ajoute des frais ,je vais utiliser mon compte autrement. Mais personnellement j’ai déjà fait le saut dans une autre institution virtuelle au Manitoba.

  2. Michaël Lévesque dit :

    Bien d’accord avec Bomba. Il est trop tôt pour crier au loup. Rien ne dit que la Scotia ne fera pas d’ING une division virtuelle, même si l’histoire démontre l’inverse. N’oublions pas les banques virtuelles sont un phénomène (relativement) récent et que le modèle d’ING fonctionne.

  3. Fabien Major dit :

    J’espère que vous avez raison. Mais, ce n’est pas l’habitude des banques canadiennes. Elles achètent des entités pour une masse critique de clients et « calculent » même la perte de clientèle à venir. ING était un concurrent fatigant mais l’équivalent d’un moustique. L’histoire récente des acquisitions et fusions nous montre que les banques canadiennes achètent parfois des actifs pour les transformer rapidement et même les fermer. Je suis d’avis que les « fonds-à-viser » ne feront pas vieux os et que les taux des comptes d’épargnes et de CELI baisseront. Les coûts d’opération de SCOTIA sont faibles mais pas mal plus élevés que ce que ING déboursait.

  4. Bomba dit :

    Je ne suis pas d’accord, personne n’achète des entreprises pour les voir mourir au fil du temps. La concurrence, oui il y en a et c’est grâce à elles que ING Direct restera ouvert.

    Scotia Bank n’est pas en reste, perdre 1.8 millions de clients dans une transaction de 3 milliard, peu de gens peuvent se le permettre. Oui Scotia est vieille et croit dans son modèle financier, peut-être est-ce un essais vers quelque chose de complètement virtuel qu’elle essait, en engage le pas vers le bon chemin. Je n’ai pas peut à mon portefeuille ni à mes comptes chez ING Direct, c’est dommage puisque l’image de marque disparraîtra, par contre d’après moi le système actuel restera accessible. Les consommateurs pourront donc opter encore une fois pour ING, sans pour autant devoir payer des frais.

    Je vois beaucoup plus ING dans le futur comme un ensemble de produits, Scotia Bank a déjà des services qu’ils proposent qui pourront se greffer aux produits d’ING. Je vois une carte de crédit attacher à mon compte, des prêts à taux moindre…. c’est désolant mais en même temps consollant. C’est mon idée.