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TRADEminator prend le contrôle de la bourse

…Pas nécessairement pour le bien de l’humanité ou d’une espèce supérieure, mais pour le profit de quelques négociateurs rusés et bien nantis. « TradeMinator », le personnage central de mon billet est un hybride du robot destructeur de James Cameron et de Hal 9000, l’ordinateur de bord de «2001, Odyssée de l’espace» de Kubrick. Hal était partout et anticipait tous les faits et gestes de l’astronaute Bowman. HAL c’est l’acronyme de Heuristic Algorithmic. Si HAL figure au 13e rang des pires vilains du cinéma, ses rejetons sont en lice pour devenir le pire cauchemar des investisseurs.

Les algorithmes sont devenus à la finance ce que Deep Blue a été pour les échecs. Ils permettent d’anticiper les décisions humaines et de les contrecarrer. Ils ont fait leur entrée en bourse dans le simple but d’empocher le maximum… dans le moins de temps possible.  Selon François Bonnin de John Locke Investments: «La gestion systématique repose sur l’action d’un programme informatique, qui va permettre de prendre des positions automatiquement sur les marchés sans intervention humaine. Le logiciel est conçu pour réagir dès qu’un mouvement de marché génère des signaux d’achat ou de vente. Il permet ainsi de réaliser plusieurs transactions à la minute sur n’importe quelle Bourse mondiale.»

Pour vous aider à visualiser davantage la mécanique des «HAL» boursiers. Voici un graphique simpliste de mon cru. Vous comprenez il s’agit ni plus ni moins que d’un arbre de décisions automatiques… avec la particularité que certains, très avancé se corrigent et évoluent par eux-mêmes… comme des virus mutants! Arbitrage, gestion des devises, spéculation pure, valeur, momentum, croissance… Toutes les stratégies sont bonnes à automatiser.

Les bons programmeurs d’algorithmes les conçoivent pour qu’ils profitent de toutes les incohérences des marchés. À ce chapitre, les humains sont extraordinaires. Pensez un instant aux nombreux titres financiers de qualité qui ont été largués lorsque les problèmes de Lehman ou de Bear Sterns ont éclaté. Les algorithmes s’alimentent de la volatilité et y contribuent outrageusement. De 2005 à 2009, le volume de transactions quotidien s’est amplifié de 181%. En 2006, les transactions systématiques s’accaparaient 40% des échanges de la bourse de Londres. En 2008, malgré l’état catastrophique et la déconfiture généralisée des bourses mondiales, les 300 firmes spécialisées en négociations robotisées ont empoché la mirobolante somme de 21 milliards de dollars en… bénéfice! The Atlantic estime qu’en 2009, les algorithmes sont devenus responsables de 70% des transactions des parquets américains! Le HFT ou High Frequency Trading se fait maintenant à une vitesse qui défie l’imagination. Le temps de réfléchir à la possibilité que vous puissiez achetez l’action de GE, un algo a anticipé vos réactions et a eu le temps d’effectuer des dizaines d’opérations qui n’ont pris que 650 microsecondes! Trop tard pour vous, le titre a pris 3% en 2 secondes!

Dagger est un monstre appartenant à CITIGROUP. Il analyse et compare les données de 20 places boursières. Chassant les anomalies, Il rôde autour des données historiques et repère les moindres tendances. Chaque anomalie de marché devient une proie. Dagger achète et vend en silence avec une rapidité et une telle exactitude qu’aucun humain ne saurait égaler. Son entraîneur Young Kang affirme que la bête apprend d’elle-même. Elle va chercher les données financières nécessaires, ajuste les chiffres et stratégies. De jour en jour, elle devient plus intelligente.  Mais surtout, comme un bon retriever, Dagger rapporte gros. Très gros.

Si ce que vous venez de lire vous impressionne, attendez de prendre connaissance des algorithmes de «types génétiques». Ils sont capables ni plus ni moins que de décrypter les phases d’évolution d’une entreprise publique et d’identifier précisément le moment où elle s’affaiblit. S’ensuivent les options de ventes à découvert ou autres stratégies dérivées ou de titrisation. Tout ça… sans intervention humaine ou presque!

De nombreux intervenants commencent aussi à considérer qu’on a perdu le contrôle de ces programmes à imprimer des millions. Les algos sont tout un casse-tête pour les régulateurs financiers. Imaginez, on ne s’entend pas encore sur l’encadrement des ventes à découvert. Alors, les bénéfices et avantages indus que procurent les transactions automatisées ne sont pas sur le point d’être bien encadrées.  Philippe Béchade (Chronique Agora) explique ainsi: « Pour ceux qui nourrissaient encore quelques doutes, le comportement robotique du marché prouve de façon éclatante qu’il n’existe plus aucun contre-pouvoir réel face aux machines. Les programmes de trading automatisés règlent avec une précision de géomètre l’angle de progression du canal ascendant. Une fois verrouillé le rythme de la hausse du sous-jacent (actions, indices, matières premières), un champ d’opportunités infinies s’ouvre aux opérateurs. Ils peuvent arbitrer en temps réel sur l’ensemble des catégories de dérivés : options, warrants, CFD, contrats sur indices. »

François Leclerc (blogue de Paul Jorion) pousse l’analyse encore plus loin: « Il faut savoir que ces algorithmes financiers extrêmement complexes sont détenus par peu d’acteurs. Ils permettent de tout savoir quelques secondes, voire dixièmes de seconde avant tout le monde et donc de gagner à tous les coups. Le système peut s’effondrer, ils feront donc toujours de l’argent en pariant à la baisse ou à la hausse avant tout le monde, jusqu’à ce que le système s’effondre totalement, ce qui aura lieu bientôt. »

Pour ceux qui l’ont oublié, les marchés boursiers ont une réelle utilité sociale: celle de fournir des capitaux aux entreprises naissantes ou en croissance. Ça engendre de la création d’emploi et des revenus aux familles… et la roue tourne. Les algorithmes et toutes les autres formes d’ingénierie financière ne visent EXCLUSIVEMENT l’enrichissement rapide de leurs commanditaires. Point.  En mai dernier, la débandade soudaine de 900 points du Dow Jones nous a fait comprendre que les systèmes automatisés de vente peuvent créer des effets dominos qui échappent à tout contrôle. En janvier 2010, Credit Suisse a dû payer une bagatelle de 150 000$ en amende pour avoir inondé la bourse de New York de centaines de milliers de requêtes en annulation de transactions qui n’avaient jamais été effectuées!!!!

Comme de petits alchimistes , les propriétaires de ces Robots-Traders s’amusent avec les épargnes retraites et actifs de la collectivité. Dans quelle dimension nous entraînent-ils? Plus elles deviennent populaires et influentes, plus ces stratégies informatiques causent des migraines aux commissions des valeurs mobilières. Cela me fait penser à l’âge d’or de Ferrari. À la belle époque de Shumi, la dominance de la Scuderia rendait le spectacle d’un ennui mortel. L’écurie la plus riche s’équipait le mieux en électronique et gagnait systématiquement. Les bolides semblaient téléguidés tellement les décisions humaines avaient été mises au rancart. Pour survivre, la F1 a dû limiter les systèmes électroniques et rendre un peu plus d’initiative aux pilotes et aux mécanos. Enfin, le spectacle redevient attrayant!

Les algorithmes financiers posent donc de sérieuses questions d’éthique. D’évidence, les chances ne sont plus égales pour tous. Les variables en jeu dans ce débat moral sont tellement nombreuses qu’un algorithme sera peut-être nécessaire pour nous aider à prendre les bonnes décisions les concernant!

La marmite pleine et le farfadet Flaherty

La France et l’Allemagne reçoivent maintenant l’appui de l’Angleterre dans leur projet d’instaurer une taxe bancaire qui servirait de fonds d’urgence à une prochaine crise financière. Ne nous leurrons pas, il y en aura d’autres. La spéculation est à peine encadrée. Les paradis fiscaux ont pris des antidépresseurs et recommencent à attirer de nouveaux capitaux. Les fonds spéculatifs gagent encore sur du vent et récoltent de vrais profits. Et les bonis? Vers l’infini et plus loin encore! L’argument défendable de Sarkozy, est que les responsables des crises financières ne doivent pas compter à nouveau sur les états pour se renflouer. Autrement… ils retombent dans les excès. Mais, s’il s’agit de leur propre argent qui sert de «fonds d’urgence» alors, la tentation est moins forte!

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En Europe, la réforme de la monnaie chinoise fait des heureux

Un trader confirme que les patrons de Kerviel savaient

UBS recrutait à Montréal

Les banquiers suisses ne recrutaient pas seulement leurs richissimes clients chez les américains, mais aussi on s’en doute chez nous, dans notre propre cour.

Voici le témoignage de Simon, un conseiller plein exercice du centre-ville de Montréal. A l’emploi d’une des 5 grandes banques canadiennes, il a dû contre son gré, administrer un compte de placement d’une cliente canadienne qui a blanchit son argent à l’aide d’un banquier Suisse.

Au début des années 2000, Simon gérait encore tous les actifs de la famille T. En 10 ans, l’actif grimpait tranquillement mais pas assez vite aux yeux de madame. Du 7 ou 8% NET annuel, c’était trop pépère à son goût. D’autant plus que son portefeuille de 5 millions, dégageait environ 250 000$ de gains imposables à chaque année. En 2001, madame menace de quitter la banque.

« C’est pas compliqué, elle m’a lancé un ultimatum. Ou bien je lui trouvais une façon de régler son problème fiscal ou bien elle déménageait son compte chez mon voisin du boulevard René-Lévesque. On était dans un contexte difficile, les technos venaient de planter et les comptes de cette valeur, on voulait les conserver. Mon directeur a donc fourni à madame T les coordonnées de monsieur S, un banquier suisse qui recrutait pour l’UBS.»

L’Union des Banques Suisses, celle-là même qui a eu maille à partir avec le fisc américain et qui a maintenant l’Agence du Revenu du Canada au derrière.

La grande virée de monsieur S

Simon a pu ainsi retenir pendant quelques années, la gestion quotidienne des comptes de type enregistré de la famille T, comme les REER, les REEE et CRI. Pour le reste, il a donné les grandes politiques de placements à sa cliente qui a fait sortir en douce, un joli magot. Voici la technique :

«Lorsque monsieur S est au pays, il fait la grande tournée. Il est à Montréal pour une semaine ou deux et ramasse les enveloppes. C’est un habitué. Nommez-moi, n’importe laquelle des grandes banques à Montréal, il fait affaire avec elle c’est certain! Monsieur S, c’est un grand fan de hockey. Alors, venir à Montréal, c’est une vraie partie de plaisir. Il a même son condo sur la rue Sherbrooke. Il demande seulement du comptant, alors les clients comme madame T, lui apporte ça par tranche de 50 000$ »

-Cash ? T’es sérieux. Les clients n’ont pas peur qu’il disparaisse dans la brume ?

« Ben, ils sont craintifs au début, c’est pour ça qu’ils n’apportent que 50 000$ à la fois. Comme c’est leur propre banque qui les a référés, ils savent qui aller voir si jamais un dépôt ne figurait pas sur l’état de compte à la fin du mois, ou s’il manquait ne serait-ce qu’un seul billet de 100$. Pas d’inquiétude, Monsieur S est d’une droiture et d’une honnêteté exemplaire. Je l’ai vu faire en personne, Il est très méticuleux et ne prend pas n’importe quel client. Il ne touche à rien qui a l’air de louche. Il fait même des vérifications de crédits s’il a des doutes sur des activités criminelles. L’argent du crime, il ne touche pas à ça. Il charge cher mais le compte est toujours bon. Une fois, j’ai eu connaissance d’une vive inquiétude. Il y a quelques années, le banquier a eu un gros accident d’auto entre Montréal et Québec. Il était sérieusement amoché et a dû être hospitalisé. Comme il ne répondait plus à son portable, des dizaines de clients inquiets ont appelés à la banque. Heureusement, il s’est rétabli rapidement. Leur argent n’avait pas disparu ! »

Surprise, l’argent reste ici!

-Tu dis qu’il charge cher. C’est combien ça ?

« Ça dépend des montants en jeu, mais d’ordinaire c’est 3% pour chaque dépôt et 2% de frais annuel, incluant leur frais de courtage canadien. C’est vrai que ça fait cher, mais pas mal moins que les 250 000$ en impôt que payait la famille T pour ses comptes ouverts. »

- Minute, je ne comprends pas. Tu dis 2% incluant les frais de courtage canadien. Les 50 000$ en cash, ils s’envolaient pas pour la Suisse ?

« Es-tu fou ! Ça passe pas dans les avions ça, des centaines de milliers de dollars en cash ! Oublie les mallettes de James Bond. On n’a pas droit de dépasser 10 000$ canadien dans nos bagages, tu ne vas pas dans l’sud des fois? Tu devrais savoir ça. L’argent ne quitte jamais Montréal. C’est pour ça qu’on le référait. Ces enveloppes de cash, il venait les redéposer dans la journée dans nos succursales. Il avait des comptes partout. Au lieu que le client soit identifié clairement, c’était devenu un compte numéroté appartenant à la banque suisse. Pis tu sauras que la plupart des clients investissent dans ce qu’ils connaissent ; des fonds mutuels connus, du Bombardier, Barrick, RIM, Power, Hydro-Québec et beaucoup d’obligations du Canada, des provinces et des villes canadiennes. »

-T’est en train de me dire que l’argent reste ici et est même investi dans l’économie canadienne ?

« Ben, en bonne partie de ce que j’ai vu, c’est exact. Certains ont des comptes où monsieur S gère à sa discrétion, et c’est là que le compte devient surtout composé de valeurs américaines et européennes qu’il transige chez eux. Avec le taux de change qui joue au Yo-yo, le monde aime moins ça ! »

Simon n’a plus madame T comme cliente. Éternelle insatisfaite, en 2008 elle a fini par transférer ses économies ailleurs. Elle était toujours à la recherche d’un meilleur rendement et de moindre frais. Et Monsieur S, est-il toujours actif à Montréal ?

« Je ne le sais pas. De notre coté, on ne le réfère plus. La chasse aux terroristes a rendu la direction très nerveuse. Il faut dire que le CANAFE surveille davantage les transactions d’importance.»

La GRC s’en mêle ou s’emmêle?

Jean-Pierre Blackburn, le ministre du revenu national a mentionné la semaine dernière qu’il souhaitait interroger à l’automne, les représentants d’UBS sur les canadiens qui camouflent des actifs en Suisse. Il devrait plutôt commencer ses franches discussions avec les patrons de la RBC, la CIBC, la Scotia, la BMO et la TD ! Si une bonne partie de l’argent qui échappe au radar de l’ARC est déjà ici, inutile de traire des vaches alpines!

Comparé à la cavalerie Yankees, la police montée effraie moins, mais a le mérite de maintenir les projecteurs braqués sur les complices de l’évasion fiscale. Avec la réplique canadienne, il n’y a maintenant aucun doute. Les copains du G-20 vont tous prendre un ticket et faire la queue pour demander l’aumône aux Suisses… et à leurs amis. Pas de doute, c’est la canicule au paradis!

Pas étonnant donc, que le gouvernement helvète vient d’empocher 1,2 milliard en cédant sa participation en actions dans UBS. Coïncidence ; la vente de débarras a eue lieu quelques jours après l’entente historique entre l’IRS et USB qui prévoit le dévoilement de l’identité de 4 450 américains qui ont camouflé ensemble, plus de 10 milliards (chiffre qui semble conservateur). Avec une dette atteignant bientôt les 9 000 milliards, plus question de laisser tranquille les citoyens américains qui utilisent des paradis fiscaux. La dette canadienne n’est pas aussi monstrueuse c’est vrai mais, elle peut certainement diminuer si l’Agence du Revenu débusque quelques centaines de clients de monsieur S.

L’intégrité et les conseillers financiers!

Un excellent papier de Christian Benoit-Lapointe et quelques lectures m’ont donné l’inspiration pour ce billet. Cela fait longtemps que je prône l’indépendance d’esprit dans la gestion de portefeuilles. Étant moi-même conseiller indépendant depuis 1997, je suis mon propre patron! Comprenons-nous bien, je ne suis pas un petit alchimiste confiné dans son labo! Je suis indépendant, mais RATTACHÉ à de grandes organisations comme Manuvie, Promutuel, RBC, CIBC, Standard Life, Placements CI, Fidelity…etc.

Cela signifie que je n’utilise que des produits financiers et fonds de placements de grandes institutions, mais sans qu’un département de marketing veuille me gonfler de son baratin et de la saveur du mois. J’ai passé assez de temps dans le domaine des communications et de la pub pour comprendre que les « vendeurs de rêves » pullulent dans les services financiers. C’est une faune peuplée de vendeurs et de potions magiques… parfois indigestes.

Mais qu’est-ce que j’ai contre les conseillers-employés des grandes institutions? Simple, le conflit d’intérêts ça me pue au nez! Je ne crois pas qu’on puisse jouer franc-jeu avec ses clients, si un boss nous siffle constamment dans les oreilles! Il y a des quotas de vente à respecter, des chiffres à atteindre, un nombre minimum de rencontres par semaine et le lavage de cerveau qui fait qu’une firme de courtage n’a plus rien à envier aux Raéliens.

J’ai vu des dizaines d’employés de boîtes réputées en courtage de valeurs mobilières se faire sacrer dehors parce qu’ils ont eu un ou deux trimestres de baisse dans leurs chiffres de vente! Vous avez bien lu… ils doivent s’afficher comme conseillers ou planificateurs, mais… ils ont des planchers de vente à maintenir. On exige de la rotation dans les portefeuilles même si sur les parquets… c’est la tempête du siècle!

Alors, il doit toujours avoir des nouveaux produits et stratégies «fantastiques» pour remplacer la précédente (qui par manque de chance, ne fonctionne plus). Comment un conseiller employé peut être intègre et 100% honnête s’il sait que chez le compétiteur, un produit est plus approprié ou plus avantageux fiscalement pour son client? Pour conserver son emploi, ce conseiller est obligé de le servir et de lui VENDRE une solution de deuxième ou troisième ordre.

Vous allez me répondre que c’est comme dans le commerce de piscine ou d’électronique et c’est ça la vie! NON, ce n’est pas pareil. La majorité des gens sont peu connaisseurs dans la finance et nous confient souvent une partie de leur avenir et carrément leur retraite. Le choix de produit et de stratégie influenceront leur sécurité matérielle et à la limite, leur santé!

Aux États-Unis, on se réveille du cauchemar américain. Les grandes firmes ont dilapidé la richesse de dizaines de millions de personnes par des directives marketing et de savantes stratégies hasardeuses qui ne visaient qu’à grossir les commissions et bonis des cadres des grandes banques. En dessous, les conseillers n’ont répété que les paroles de leurs supérieurs et montré de beaux graphiques qui faisaient miroiter de la croissance infinie. Ça suffit, on ne croit plus ces vendeurs de souliers des grosses boîtes. Ainsi, 108 milliards ont changé de places et sont venus grossir les actifs d’organisations de conseillers indépendants, mais supervisés par la SEC. Les trois plus volumineuses administrent tout de même 500 milliards de dollars. Il ne faut pas en douter, ils sont en demande. Pour preuve, BusinessWeek a publié la liste et le numéro de téléphone des 50 conseillers indépendants les plus respectés par leregistre Paladin. Certains administrent plus d’un milliard!

Selon le Wall Street Journal, le public tente maintenant de réparer les dégâts causés par l’exubérance et les abus qu’ont causés les grands cabinets. Plus d’objectivité et de transparence, voilà ce que les clients souhaitent. C’est un minimum!

LES 5 CRITÈRES D’OBJECTIVITÉ

Votre conseiller ou planificateur se dit honnête et 100% intègre? Exigez qu’il garnisse votre portefeuille de FCP ou de valeurs mobilières sans AUCUN lien avec sa firme. Ni directement, ni indirectement. Au cas où vous ne le sauriez pas, lors de l’émission première d’un titre, un preneur doit promettre une vente minimale dans son réseau. La commande finit donc par se rendre au client, sous forme d’une «magnifique occasion à ne pas rater»!

Pour éviter de vous en faire passer des p’tites vites, voici selon moi, les gages d’une plus grande objectivité dans les conseils financiers. En surveillant de près ces 5 catégories de risque, vous vous assurez d’un maximum de contrôle sur vos affaires.

  1. La distribution de produits
  2. La répartition et la diversification
  3. La fiscalité
  4. La gestion professionnelle
  5. La supervision par des conseils indépendants

1-Cela commence par un tri parmi les firmes distributrices de produits financiers. Les distributeurs et fiduciaires doivent avoir une cote de crédit supérieure synonyme de solidité financière. Peu d’institutions reçoivent des cotes AM Best, Standard and Poors et Moody’s. Losqu’elles en ont, il faut retenir les mieux évaluées. C’est exactement comme nous, lorsqu’on demande un prêt. Ils exigent notre cote de crédit, faites de même!

2-La répartition entre les sociétés de distributions, de styles de gestion et de classe d’actifs (Actions, Obligations, liquidité…). RBC, Sunlife, Fidelity, CIBC, TD, Industrielle-Alliance, Manuvie, AIM, BMO… Retenez les grandes marques dans vos portefeuilles en privilégiant leur spécialité. Attention à l’éparpillement!

3-La fiscalité étant un risque en soi, il ne faut pas payer plus d’impôt qu’on ne le doit. Une attention méticuleuse doit être apportée à la catégorie de revenu que vos placements engendreront. Même en étant très prudent, il faut chercher des solutions pour diminuer son fardeau fiscal de revenus de placement. À ce chapitre, beaucoup d’institutions et de grands gestionnaires traînent de la patte. Ils affichent de beaux rendements bruts, mais dans nos poches, il y en a moins! On vit dans un monde NET, NET après tout. Net de frais et NET d’impôt doit être un critère majeur à retenir.

4-Il est sympathique le courtier en valeurs mobilières de la banque. Il vend, il achète et met des options de ventes et d’achat et tente pleins de belles combinaisons. Mais quel est son résultat moyen de la dernière décennie? Est-il en train de s’exercer avec vos actifs? Pourquoi ESSAYER des trucs lorsque d’autres ont déjà fait leurs preuves! Des gestionnaires institutionnels, de caisses de retraites, de fortunes, de fondation et de fonds communs foisonnent dans l’industrie. Ce sont des spécialistes de leurs catégories, dont les rendements ont un historique démontré de plus de 10 ans. Certains ont la particularité de faire en moyenne mieux que leurs pairs avec moins de volatilité. Des données statistiques indépendantes et des preuves vérifiées doivent vous être fournies. Le passé n’est pas garant de l’avenir, mais avec l’horrible passé qu’on vient de vivre… on peut voir plus clair et observer du savoir-faire!

5-La supervision, le rééquilibrage, les mises à jour et les transactions doivent être initiés par un conseiller indépendant. Il n’est ni employé des grandes institutions ci-haut mentionnées, ni encouragé à privilégier l’une au détriment d’une autre. Le conseiller indépendant est un professionnel inscrit auprès de L’Autorité des Marchés Financiers, au dossier sans tâche. Son privilège de vous conseiller dans vos choix d’investissements est conditionnel au maintien d’une assurance responsabilité professionnelle en cas d’erreurs ou omissions. On ne lui fait JAMAIS de chèque directement, mais seulement aux firmes de distribution qu’il a retenu pour bâtir votre portefeuille

“Caïman” pas croyable!

Le Luxembourg, la Suisse et l’Autriche ont cédé sous la pression. Ces pays rejoignent Andorre, le Liechtenstein et la Belgique. Ils vont désormais se conformer aux règles de l’OCDE en matière de transparence financière de leurs banques. Ces pays évitent ainsi, de justesse de se voir mettre à l’index de la liste noire des paradis fiscaux non coopératifs. La grande surprise vient évidemment de la Suisse. Qui dit Suisse, dit compte de banque Suisse. C’est un cliché tellement ancré dans nos moeurs qu’Astérix chez les Helvètes a même visité un de leurs coffres-forts en compagnie d’Obélix et d’une meule d’emmental! Autant les autorités de ces pays affirment que dans le fond «il n’y a pas grand chose de changer» qu’autant l’Union Européenne est satisfaite des assouplissements au fameux secret bancaire.

Le changement est bel et bien réel et modifie complètement notre compréhension de ces havres fiscaux. L’Autriche, la Suisse et le Luxembourg acceptent de lever leur secret bancaire au cas par cas SI des «soupçons justifiés» sont formulés. Et des soupçons, la France, l’Allemagne et les États-Unis en ont des classeurs pleins! En clair, cela signifie: «Donnez-nous des raisons de trahir nos clients et on le fera!»

L’OCDE précise les critères déterminants pour qualifier un état de paradis fiscal

-La juridiction applique-t’elle des impôts insignifiants voir inexistants?
-Y a-t-il une absence de transparence ?
-Existe t-il des lois ou pratiques administratives qui empêchent un véritable échange de renseignements à des fins fiscales avec les autres administrations en ce qui concerne les contribuables qui bénéficient d’une imposition inexistante ou insignifiante ?
-L’absence d’activités substantielles est-elle admise ?

Le 2 avril prochain, les ministres des Finances et les banquiers centraux du G20 cibleront 4 mesures vitales pour enrayer la crise économique.

caiman1-Des actions décisives, coordonnées et globales pour stimuler la demande et l’emploi
2-Les banques centrales des pays du G20 maintiendront des politiques expansionnistes aussi longtemps que nécessaire
3-Gonflement des ressources du FMI pour aider les pays les plus fragiles
4-Renforcement de la régulation et lutte contre les paradis fiscaux

La prochaine réunion du G20 va mettre pas mal de pression sur Gordon Brown. Derrière ses beaux discours, l’Angleterre encourage et contribuent à l’enrichissement de 11 des 37 «juridictions suspectes» par l’Administration Obama. Depuis au moins un siècle, la couronne britannique tire les ficelles de l’île de Jersey, Guernesey, des îles Caïmans et des Bermudes. J’ose espérer qu’en 2009, la mappe monde des fraudeurs fiscaux sera modifiée.

Haven’s World War, la guerre au paradis

Le 10 janvier 2009 va passer à l’histoire. C’est à 4 heures 50 (locale) que l’attaque simultanée a eu lieu. L’opération Tan Spectre, a bénéficié d’une force armée comptant plus de 15 000 militaires et policiers. Ils ont mené une intervention surprise dans 7 paradis fiscaux considérés comme étant les plus grands refuges financiers de criminels, terroristes et de fraudeurs boursiers et fiscaux.

débarquementLes citoyens des Bahamas, des îles Caïmans, des Bermudes, de Monaco, d’Andorre, de la Suisse, et du Liechtenstein n’en ont pas cru leurs yeux au petit matin. Les institutions financières de leurs pays ont été mises sous séquestre. Toutes, sans exception. Des militaires ont tenu les politiciens à l’écart et procédé à plus de 400 arrestations. Avocats, fiscalistes et banquiers d’affaires ont été tirés de leur sommeil et embarqués dans des fourgons cellulaires.

L’Interpol, l’ONU, L’OCDE, la SEC, et les organismes d’autorités des marchés financiers (AMF) de plus d’une vingtaine de pays ont été mis à contribution. Depuis 2001, une vaste enquête d’Interpol a été menée dans la plus grande discrétion. Dès 2003, des menaces sérieuses pesaient sur les grandes places financières mondiales. Les avertissements fusaient de partout et pointaient du doigt autant les grands fonds de couverture (Hedgefunds), les banques d’affaires, que les paradis fiscaux.abordageLa spéculation débridée, la complexité des produits dérivés, et de grandes arnaques orchestrées à partir des capitales off shore ont conduit selon le commandant Frank Hofzerekordd, à l’effondrement de Wall Street en 2008. Les saisis et gels bancaires totalisent selon l’enquêteur, à 11 000 milliards de dollars américains. Du coup, le point de passage annuel de plus de 60 milliards vient de se faire barrer.

filionAutant dans le passé, on avait tablé sur la solidité des Deutshe Bank, Citigroup, Société Générale, Credit Suisse, Merril Lynch, Lehman Brothers et autres, qu’en 2008, il a fallu se rendre à l’évidence. Les grandes organisations financières ont institutionnalisé l’évasion fiscale et l’opacité des transactions boursières. Parfois les mêmes spécialistes chargés de la conformité des transactions secondaient les grandes fortunes et criminels en tous genres dans les rudiments du blanchiment d’argent. Depuis octobre 2008, on voyait bien que les pays européens avaient déclaré la guerre aux paradis fiscaux, mais on était loin de se douter qu’ils y ferait vivre l’enfer, si rapidement. Le 26 octobre, le premier ministre français, François Filion a déclaré devant l’Assemblée nationale : «Des trous noirs comme les centres offshore ne doivent plus exister. Leur disparition doit préluder à une refondation du système financier international». Visiblement, il a été entendu.

madoffLa Suisse réclame immédiatement l’arrêt des procédures. Dans la Principauté de Monaco, les Rainier crient au scandale et comparent le geste à un coup d’État sanglant. On comprend maintenant un peu mieux le scandale Madoff, mis au jour justement par cette escouade internationale. Ce cas ne serait pas unique. La collaboration d’anciens banquiers déchus, de milliardaires ruinés et de centaines d’employés récemment mis à pied à Wall Street et à la City de Londres, a permis ce coup de filet historique.

Dès lundi, on s’attend à des centaines d’arrestations supplémentaires et de mises en garde à vue dans tous les pays du G-20. Je m’attends à de nombreuses démissions politiques. Le financement occulte de certains partis (autant en Amérique ,qu’en Asie et en Europe) ne fait pas de doute. La complaisance, le laxisme et la complicité politique ont permis aux paradis fiscaux de s’organiser et surtout de croître en toute tranquillité, jusqu’à maintenant. 11 000 milliards semblent un joli butin de guerre. Mais, il ne renfloue qu’en partie la destruction de richesse de 30 000 milliards subie par les bourses mondiales en 2008.

Mais…mais, je rêve ou quoi? OUI. Je confondais ce matin, mes rêves avec la réalité! En début d’année, on est tous remplis d’espoir. Je fabulais. Je ne recommencerais plus. Mais, permettez-moi de nous souhaiter le plus d’arrestations possibles de truands cravatés en 2009.

Perspectives 2009

Au courant des prochains jours, je vous présenterais quelques documents et recherches sur les perspectives des marchés en 2009. Il sera aussi question des monnaies, les indices boursiers, obligataires, les taux d’intérêt et l’inflation. Pour vous livrer de façon simplifier le fond de ma pensée pour l’année qui débute, je me suis confier à la journaliste Geneviève Allard pour le compte du portail www.matin.qc.ca

boule

Difficile de prévoir ce qui se passera en 2009 dans le domaine des affaires et de l’économie, surtout avec le monde entier qui vit des jours difficiles. Récession, chômage, crise, il semble que les derniers mois ont été synonymes de bien de l’inquiétude. Pour voir un peu ce qui se trame pour l’année à venir sur la planète économique, BRANCHEZ-VOUS! s’est entretenu avec le conseiller financier indépendant et blogueur maison, Fabien Major.

Est-ce que le Québec et le Canada subiront une année difficile économiquement? La récession frappe-t-elle vraiment la province et le pays?
Je dois dire que je suis toujours assez optimiste. Oui, il y a un recul, mais tout n’est pas négatif ou catastrophique. Ce qui est plus dangereux et sournois, c’est le taux de chômage. Cela dit, tout cela est assez difficile à observer pour l’instant puisque les taux hypothécaires sont très bas et que les différents acteurs sont intervenus très rapidement dans la crise.

Sommes-nous à ce point dépendants des États-Unis que leurs difficultés économiques nous affecteront?
Il est de moins en moins vrai de croire que nous sommes dépendants des États-Unis. Il y a plusieurs années, le Canada s’est enligné vers le remboursement de sa dette plutôt que de prôner la consommation, comme nos voisins du Sud. Nous sommes aussi mieux placés que bien des pays industrialisés. Aussi, il faut savoir que 70% des entreprises du Québec sont des PME. Nous nous en sortirons ainsi encore mieux en consommant local, et en ne vivant pas dans l’excès. Mais si l’économie américaine s’améliore, évidemment sera plus facile pour nous.

Est-ce que certains secteurs sont en déclin au point où ce sera catastrophique en 2009?
Il est évident que dans le secteur de l’immobilier et de la construction, ce sera plus difficile parce qu’il a peu de développement résidentiel, mais je pense qu’il y aura plus de grands chantiers en route vers la fin de 2009, surtout issus des plans d’amélioration en infrastructures des gouvernements. Tout ce qui s’appelle le commerce discrétionnaire, les biens non essentiels, sera aussi affecté, les produits de luxe et le haut de gamme par exemple. Cela dit, les besoins primaires vont augmenter, ce qui permet d’être optimiste pour les commerces d’occasion, ou de seconde main. Ainsi, les épiceries, Wal Mart, Dollorama, AutoPrix, H Grégoire, McDonald’s et autres clubs vidéo devraient profiter de ce repli sur soi.
Dans le secteur des médias et indirectement des pâtes et papier, c’est difficile à prévoir, mais il est évident que les revenus publicitaires sont en baisse et que le Web est une avenue que bien des médias traditionnels prennent.

Quelles sont les entreprises, banques ou autres acteurs du secteur économique à surveiller durant l’année? Je pense notamment à la Caisse de dépôt et placement, Banque du Canada, etc. Est-ce qu’on peut s’attendre à des résultats difficiles?
En janvier, nous connaitrons les résultats de la Caisse de dépôt et placement, mais je pense que ce qu’il faudra surveiller, ce sont les résultats des grands fonds de syndicats. Une baisse des rendements est attendue, et cela affectera le capital de risque du fonds spéculatif de la FTQ, par exemple. En ce qui concerne la Banque du Canada, la baisse des taux d’intérêt touchera certainement l’économie, mais je ne pense pas que nos baisses seront aussi importantes qu’aux États-Unis avec la FED.

Comment iront les États-Unis en 2009? L’Union européenne gardera-t-elle le cap?
Je ne peux pas vraiment prédire comment les États-Unis s’en sortiront, mais je pense que l’Europe ira mieux. Il semble qu’elle ait appris des effets de la guerre. En même temps, les États -Unis s’en sont toujours sortis plus rapidement que ce qui était prévu. Est-ce la résilience, le patriotisme ou la capacité de rebond? Je ne saurais pas dire, peut-être un peu des trois!

Que nous suggéreriez-vous pour nos investissements et pour nos finances personnelles?
Si quelqu’un trouve que son emploi est précaire, je dirais d’être capable de prévoir une réserve, trois à six mois de salaire. Si vous n’avez pas de surplus, je ne recommande pas d’investir. Il est évident aussi que les investissements et placements en fonds et en actions peuvent être désormais achetés à des prix si bas que leurs valeurs ne peuvent que s’apprécier. Je pense aussi qu’avant d’investir dans quoi que ce soit, il faut rembourser ses dettes coûteuses, je pense notamment aux cartes de crédit. En plus, dites-vous qu’il est toujours bon faire le contraire de la foule!

Un dernier mot?
Je pense que 2009 sera une année de restructuration et 2010 devrait se passer mieux, sous un ciel plus dégagé!

Sarko…stique

Ce qu’il a dit, ce qu’il a pensé dire, ce qu’on lui a fait dire, ce qu’on aimerait qu’il dise, ce qu’il aurait dû dire… Ça m’épuise tout ça! Ben oui, on préfère toujours entendre un président français se rappeler des Plaines d’Abraham et venir nous sauver une fois pour toutes des méchants Anglais et de nous répéter le “Vive le Québec libre” de Charles de Gaulle…. Le général De Goal avait certainement atteint son but, s’il voulait que les Canadiens se tiraillent sur l’interprétation de son “lancer frappée” du balcon.

Les politiciens s’échangent encore la “puck” sur la signification réelle de ses paroles. Voilà maintenant que Sarko profite du sommet des “Africains francophones en vacances en Amérique” pour nous rappeler que les “Québécois sont des frères et que les Canadiens, des amis”. C’est gentil!

À la Citadelle de Québec (structure endommagée par un incendie dont le fédéral a lambiné pas à peu près pour consentir à sa restauration), Sarkozy est selon certains, allé au-delà de la non-ingérence, non-indifférence des chefs d’État dans la politique internationale. Il a dit que dans les temps de crise, ” le monde n’a pas besoin d’une division supplémentaire, mais d’unité”…

Et voilà Yves Michaud qui s’étouffe dans ses mentons, Jacques Parizeau qui en tremble du sien et Gilles Duceppe qui fait des gros yeux… Pour ma part, je suis parfaitement d’accord avec Jean-Pierre Raffarin. L’ex-premier ministre français constate de l’enflure journalistique, et il a bien raison. Il y a d’autres choses drôlement plus importantes et plus urgentes. Mais, si on veut coincer Sarkozy à tout prix, allons-y sur son terrain de chasse…Sagard!

carla bruniNicolas Sarkozy est président, beaucoup… parce que son mentor Paul Desmarais en a fait un politicien redoutable, comme Jean Chrétien. En février de cette année, il l’a remercié en lui remettant la Grand-Croix de la Légion d’honneur. Décoration que la France offre surtout à ses anciens présidents. L’amitié qui le lit à Power Corp en a fait un attaquant arrogant, déterminé et très à l’aise avec les mises en échec solides! Ce politicien fin renard assorti d’un des hommes d’affaires les plus redoutables que le Canada eut engendrés est assis sur un terrain glissant.

Depuis des mois, Sarko s’époumone avec les excès des capitalistes. La crise du crédit qui menace de se métamorphoser en récession puis en dépression est l’oeuvre des banquiers et financiers sanguinaires et de leur quête incessante aux rendements trimestriels élevés et bonifications astronomiques. Dans ses discours sur le système financier mondial, monsieur Bruni défile avec élégance sous sa cape de sauveur de l’économie mondiale. ” Le capitalisme doit changer ”, “Nous devons revoir les modes de rétributions des dirigeants”, “La spéculation doit être encadrée…” Parfois, il s’emporte et oublie dans quel type de capitaliste son ami Ti-Paul se déguise. L’épisode de la pétrolière Total n’est pas très reluisant. Aussi, la rétribution des généraux de Power est maintes fois citées comme étant exagérées. Ce n’est pas un modèle du genre.

D’ailleurs, Robert Gratton (aucun lien avec Bob de TQS) l’ancien président de la division assurance de Power a touché en 2004, 170 millions de dollars en bonis, options et autres.

Alors quand Sarkozy fait sortir ses veines du front en parlant des capitalistes prédateurs, est-ce vraiment sincère? Voit-on là les efforts d’un politicien dont la cote de popularité est en chute libre? Est-ce un réel élan rassembleur qui passera à l’histoire? …Ou une commande de la famille Power qui voit ses milliards fondre sous l’effet de la contamination des excès de Wall Street… et des siens?

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