Parallèle entre 1929 et 2010
- Mardi 13 juillet 2010
- ParFabien Major
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…Pas nécessairement pour le bien de l’humanité ou d’une espèce supérieure, mais pour le profit de quelques négociateurs rusés et bien nantis. « TradeMinator », le personnage central de mon billet est un hybride du robot destructeur de James Cameron et de Hal 9000, l’ordinateur de bord de «2001, Odyssée de l’espace» de Kubrick. Hal était partout et anticipait tous les faits et gestes de l’astronaute Bowman. HAL c’est l’acronyme de Heuristic Algorithmic. Si HAL figure au 13e rang des pires vilains du cinéma, ses rejetons sont en lice pour devenir le pire cauchemar des investisseurs.
Les algorithmes sont devenus à la finance ce que Deep Blue a été pour les échecs. Ils permettent d’anticiper les décisions humaines et de les contrecarrer. Ils ont fait leur entrée en bourse dans le simple but d’empocher le maximum… dans le moins de temps possible. Selon François Bonnin de John Locke Investments: «La gestion systématique repose sur l’action d’un programme informatique, qui va permettre de prendre des positions automatiquement sur les marchés sans intervention humaine. Le logiciel est conçu pour réagir dès qu’un mouvement de marché génère des signaux d’achat ou de vente. Il permet ainsi de réaliser plusieurs transactions à la minute sur n’importe quelle Bourse mondiale.»
Pour vous aider à visualiser davantage la mécanique des «HAL» boursiers. Voici un graphique simpliste de mon cru. Vous comprenez il s’agit ni plus ni moins que d’un arbre de décisions automatiques… avec la particularité que certains, très avancé se corrigent et évoluent par eux-mêmes… comme des virus mutants! Arbitrage, gestion des devises, spéculation pure, valeur, momentum, croissance… Toutes les stratégies sont bonnes à automatiser.
Les bons programmeurs d’algorithmes les conçoivent pour qu’ils profitent de toutes les incohérences des marchés. À ce chapitre, les humains sont extraordinaires. Pensez un instant aux nombreux titres financiers de qualité qui ont été largués lorsque les problèmes de Lehman ou de Bear Sterns ont éclaté. Les algorithmes s’alimentent de la volatilité et y contribuent outrageusement. De 2005 à 2009, le volume de transactions quotidien s’est amplifié de 181%. En 2006, les transactions systématiques s’accaparaient 40% des échanges de la bourse de Londres. En 2008, malgré l’état catastrophique et la déconfiture généralisée des bourses mondiales, les 300 firmes spécialisées en négociations robotisées ont empoché la mirobolante somme de 21 milliards de dollars en… bénéfice! The Atlantic estime qu’en 2009, les algorithmes sont devenus responsables de 70% des transactions des parquets américains! Le HFT ou High Frequency Trading se fait maintenant à une vitesse qui défie l’imagination. Le temps de réfléchir à la possibilité que vous puissiez achetez l’action de GE, un algo a anticipé vos réactions et a eu le temps d’effectuer des dizaines d’opérations qui n’ont pris que 650 microsecondes! Trop tard pour vous, le titre a pris 3% en 2 secondes!
Dagger est un monstre appartenant à CITIGROUP. Il analyse et compare les données de 20 places boursières. Chassant les anomalies, Il rôde autour des données historiques et repère les moindres tendances. Chaque anomalie de marché devient une proie. Dagger achète et vend en silence avec une rapidité et une telle exactitude qu’aucun humain ne saurait égaler. Son entraîneur Young Kang affirme que la bête apprend d’elle-même. Elle va chercher les données financières nécessaires, ajuste les chiffres et stratégies. De jour en jour, elle devient plus intelligente. Mais surtout, comme un bon retriever, Dagger rapporte gros. Très gros.
Si ce que vous venez de lire vous impressionne, attendez de prendre connaissance des algorithmes de «types génétiques». Ils sont capables ni plus ni moins que de décrypter les phases d’évolution d’une entreprise publique et d’identifier précisément le moment où elle s’affaiblit. S’ensuivent les options de ventes à découvert ou autres stratégies dérivées ou de titrisation. Tout ça… sans intervention humaine ou presque!
De nombreux intervenants commencent aussi à considérer qu’on a perdu le contrôle de ces programmes à imprimer des millions. Les algos sont tout un casse-tête pour les régulateurs financiers. Imaginez, on ne s’entend pas encore sur l’encadrement des ventes à découvert. Alors, les bénéfices et avantages indus que procurent les transactions automatisées ne sont pas sur le point d’être bien encadrées. Philippe Béchade (Chronique Agora) explique ainsi: « Pour ceux qui nourrissaient encore quelques doutes, le comportement robotique du marché prouve de façon éclatante qu’il n’existe plus aucun contre-pouvoir réel face aux machines. Les programmes de trading automatisés règlent avec une précision de géomètre l’angle de progression du canal ascendant. Une fois verrouillé le rythme de la hausse du sous-jacent (actions, indices, matières premières), un champ d’opportunités infinies s’ouvre aux opérateurs. Ils peuvent arbitrer en temps réel sur l’ensemble des catégories de dérivés : options, warrants, CFD, contrats sur indices. »
François Leclerc (blogue de Paul Jorion) pousse l’analyse encore plus loin: « Il faut savoir que ces algorithmes financiers extrêmement complexes sont détenus par peu d’acteurs. Ils permettent de tout savoir quelques secondes, voire dixièmes de seconde avant tout le monde et donc de gagner à tous les coups. Le système peut s’effondrer, ils feront donc toujours de l’argent en pariant à la baisse ou à la hausse avant tout le monde, jusqu’à ce que le système s’effondre totalement, ce qui aura lieu bientôt. »
Pour ceux qui l’ont oublié, les marchés boursiers ont une réelle utilité sociale: celle de fournir des capitaux aux entreprises naissantes ou en croissance. Ça engendre de la création d’emploi et des revenus aux familles… et la roue tourne. Les algorithmes et toutes les autres formes d’ingénierie financière ne visent EXCLUSIVEMENT l’enrichissement rapide de leurs commanditaires. Point. En mai dernier, la débandade soudaine de 900 points du Dow Jones nous a fait comprendre que les systèmes automatisés de vente peuvent créer des effets dominos qui échappent à tout contrôle. En janvier 2010, Credit Suisse a dû payer une bagatelle de 150 000$ en amende pour avoir inondé la bourse de New York de centaines de milliers de requêtes en annulation de transactions qui n’avaient jamais été effectuées!!!!
Comme de petits alchimistes , les propriétaires de ces Robots-Traders s’amusent avec les épargnes retraites et actifs de la collectivité. Dans quelle dimension nous entraînent-ils? Plus elles deviennent populaires et influentes, plus ces stratégies informatiques causent des migraines aux commissions des valeurs mobilières. Cela me fait penser à l’âge d’or de Ferrari. À la belle époque de Shumi, la dominance de la Scuderia rendait le spectacle d’un ennui mortel. L’écurie la plus riche s’équipait le mieux en électronique et gagnait systématiquement. Les bolides semblaient téléguidés tellement les décisions humaines avaient été mises au rancart. Pour survivre, la F1 a dû limiter les systèmes électroniques et rendre un peu plus d’initiative aux pilotes et aux mécanos. Enfin, le spectacle redevient attrayant!
Les algorithmes financiers posent donc de sérieuses questions d’éthique. D’évidence, les chances ne sont plus égales pour tous. Les variables en jeu dans ce débat moral sont tellement nombreuses qu’un algorithme sera peut-être nécessaire pour nous aider à prendre les bonnes décisions les concernant!
Le fonds AHL Diversifié est un phénomène du genre. Depuis 1987, le fond AHL fait des jaloux avec sa gestion quantitative particulière. Ses résultats ont tellement impressionné qu’en 1994, le géant Britannique MAN a acquis la totalité de son capital. Cette financière bicentenaire gère pour une clientèle institutionnelle et pour des fortunes privées avec des méthodes hors du commun. Le gigantesque fonds AHL négocie systématiquement 24h/24 des denrées comme le café, le maïs, le sucre… mais aussi les obligations des pays du G-20, les monnaies, les écarts de taux d’intérêt, l’énergie, les métaux et les indices boursiers.

En mars 2010, le fonds AHL affichait un actif sous gestion de 21 milliards de dollars américains. Il est un des rares fonds spéculatifs dont 100% des décisions d’investissements proviennent des algorithmes. Quotidiennement les prix de plus de 4000 éléments de négociations sont analysés électroniquement pour identifier des tendances ou des anomalies de marché. Une fois les signaux identifiés et les filtres de risque mis en place, les positions de transaction sont déployées et exécutées automatiquement par les systèmes eux-mêmes ou par une des 60 firmes de courtage associées. En moyenne, le fonds réalise plus de 1500 transactions journalières. Comme d’autres, le fonds a eu sa part de difficulté mais, sa moyenne historique parle d’elle-même. Depuis 1996, le rendement annualisé du fonds AHL diversifié a été de 16,6%. Une valeur ajoutée de 13,6% par rapport à l’indice MCSI.
Voici un document passionnant. il nous montre le chemin qu’empruntent les grandes fortunes afin de ne pas payer leur juste part d’impôt. Les états sont en crise. Partout sur le globe, les pays industrialisés manquent de ressources pour simplement continuer à faire rouler la machine. Payer les retraites des fonctionnaires, les salaires mérités des infirmières et des enseignants est devenu un luxe inabordable. Comment en est-on arrivé là? Simple! Des milliards échappent aux systèmes avec la complaisance des politiciens et des banquiers d’affaires. Mais, ils laissent des traces… des pièces à conviction!
Saviez-vous que le fonds de la FTQ avait plus 1,3 million d’actions de BP? Qu’il avait aussi dans ses voûtes des vieux papiers commerciaux de Lehman Brothers et de Bears Stearns? Oui, oui les mêmes géants bancaires qui ont fissuré le mur de Wall Street en 2008-2009!
Le fonds reprend du poil de la bête
Hier après-midi j’ai eu le privilège de m’entretenir pendant près de 30 minutes avec quelques membres de la haute direction du Fonds de la Solidarité de la FTQ, dont son PDG Yvon Bolduc. Je dis: «le privilège » car, je ne m’attendais pas du tout à une invitation de leur part. Il faut dire que depuis quelque temps je leur brasse la cage régulièrement dans mes blogues. Parfois, assez solidement. Mais de bonne guerre, la relationniste Josée Lagacé m’a envoyé un courriel mentionnant qu’elle parcourt à l’occasion mes écrits et soupçonnait qu’un entretien direct avec monsieur Bolduc saurait m’intéresser. Absolument.
Il faut dire que le fonds avait de bonnes nouvelles à communiquer et que le jeu de la transparence est le meilleur remède contre une crise médiatique. Madame Lagacé sait que les blogues marquent souvent de gros points dans l’opinion publique. Donc, j’ai été flatté de l’invitation, mais… pas au point d’enfiler des gants blancs.
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Parmi les clichés tenaces de la séduction, on dit que les hommes «préfèrent les blondes»… mais aussi que les belles femmes «préfèrent les riches». Attention, mesdames les belles blondes, séduire un riche financier peut vous faire tomber de haut! Tout est prétexte à être analysé comme un investissement.
A titre d’exemple, voici un échange de courriel particulièrement révélateur. Il met en vedette une jeune beauté de New York qui communique avec un cabinet de services financiers dans le but bien avoué de se dénicher un copain bien nanti…
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Avec la méchante dégelée boursière que l’on vient encore de subir… certains vont vouloir capituler et protéger ce qu’il leur reste de capital. Pour un REER, un CELI ou même pour un compte ouvert… j’ai une idée intéressante à vous soumettre. Combinez un certificat de placement GARANTI à un fond protégé et géré par Jarislowsly Fraser, peut faire des merveilles. La compagnie d’assurance SSQ a beaucoup de succès avec son CIG Boursier. Un produit hybride qui garantit le capital ET une bonne partie de la croissance.
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Il vous est arrivé d’avoir une bonne idée? Je veux dire une EXCELLENTE idée. Le genre archi-simple mais, révolutionnaire! Vous l’avez peut-être noté, documenté mais, jamais poussé à fond. Pourtant, elle était très bonne cette trouvaille!
Pourquoi, se décourage t’on aussi vite? Qu’est-ce qui nous empêche de foncer? Ce n’est pas l’argent. Ce ne sont pas les ressources. Ce ne sont pas les compétences. Dans un pays et une province comme la nôtre, on trouve toutes les portes entrouvertes et des centaines d’oreilles. Franchement, je crois qu’on manque davantage de courage, de passion et de couilles qu’autre chose. Sortir de sa zone de confort demande de gros efforts. C’est comme décoller de l’emprise de l’inertie. La poussée nécessaire pour quitter la gravité terrestre est formidable comparée à l’énergie exigée pour se rendre à la lune. Lire Plus
La France et l’Allemagne reçoivent maintenant l’appui de l’Angleterre dans leur projet d’instaurer une taxe bancaire qui servirait de fonds d’urgence à une prochaine crise financière. Ne nous leurrons pas, il y en aura d’autres. La spéculation est à peine encadrée. Les paradis fiscaux ont pris des antidépresseurs et recommencent à attirer de nouveaux capitaux. Les fonds spéculatifs gagent encore sur du vent et récoltent de vrais profits. Et les bonis? Vers l’infini et plus loin encore! L’argument défendable de Sarkozy, est que les responsables des crises financières ne doivent pas compter à nouveau sur les états pour se renflouer. Autrement… ils retombent dans les excès. Mais, s’il s’agit de leur propre argent qui sert de «fonds d’urgence» alors, la tentation est moins forte!
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