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Certaines financières sont comme des grosses vaches…

…qui regardent passer le train en ruminant! Oui mon titre est provocateur, mais j’en suis encore estomaqué! Mes conférences Finance 2.0  du printemps se sont conclues hier à Québec. En compagnie de Jean-Francois St-Pierre et de Francois Levasseur de Kronos, nous avons tenté de sensibiliser les professionnels des services financiers, hypothèques, planification financière, banques, immobiliers, droits, … que leur présence est requise sur le WEB et rapidement. Oui les oreilles sont attentives et les yeux fascinés… mais je sens aussi du découragement chez quelques-uns.

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Attention les brigands, Super AMF est là!

C’est le mois de la prévention de la fraude et l’AMF tient à nous rappeler que tout l’monde est suspect, même les religieuses et les pompiers. Attention aux chats noirs, aux échelles et aux hommes à poil sous leurs impers dans le parc Lafontaine ! En prenant soin de ne pas être alarmistes, ils lancent véritablement une campagne de peur qui tire dans toutes les directions. Oups, dans leur élan de superhéros, ils ont coupé les coins ronds. Il faudrait peut-être que le porte-parole Sylvain Théberge suive quelques cours sur l’industrie afin de savoir de quoi il parle. Sur Cyberpresse ce matin, il a commis toute une bévue.

«…Sylvain Théberge, porte-parole de l’AMF, souligne d’entrée de jeu que la personne qui offre un placement doit être inscrite auprès de l’Autorité et qu’il ne faut jamais lui remettre de chèques libellés à son nom personnel, ni d’argent comptant. Il ne faut pas non plus donner à la personne qui offre un placement des renseignements personnels tels qu’un numéro d’identification personnel (NIP) et son numéro d’assurance sociale (NAS). …» Pour le NIP de sa carte de guichet on comprend, mais le NAS, ce qu’il raconte c’est PAS FORT !

Monsieur Théberge ne sait peut-être pas que TOUS les conseillers, planificateurs et le personnel de TOUTES les institutions financières sont obligés pour ouvrir un compte, de demander des documents de nature personnelle comme le permis de conduire, le passeport etc., et un chèque annulé. Le NAS est primordial, car un placement LÉGAL va déclarer ses intérêts, dividendes et gains à l’Agence du Revenu et au ministère du Revenu du Québec.

Plus que ça, pas de NAS=pas de REER. Eille, on ouvre un compte de placement pas un abonnement au club vidéo! Toutes ses précautions ont été exigées par l’AMF et là, il vient dire aux médias que les gens ne doivent plus s’identifier et fournir ce que l’AUTORITÉ exige des professionnels de la finance !!!???

Dans le communiqué de presse de l’AMF, on dit qu’il ne faut pas donner son NAS à un inconnu. C’est pas le yable plus clair! Les 12 000 caissières de Desjardins sont des inconnues. Les 25 000 conseillers d’Investors sont des étrangers. Je ne sais pas pour vous, mais moi je ne vais jamais à la chasse avec les 35 000 employés de RBC.
L’AMF manque encore une belle occasion de préciser que la majorité des cas de fraude sont l’oeuvre d’imposteurs. J’affirme que les conseillers et employés des financières sont honnêtes et intègres à 99,75%. Le dernier rapport de la Chambre de Sécurité financière (le bras de formation et de déontologie de l’AMF) fait état en 2008 de 79 individus sur 31 500 qui ont fait dû faire face au comité de discipline. Il a été démontré que leur conduite était suffisamment répréhensible. Il y a donc 0,25% de pommes pourries chez les conseillers supervisés par la Chambre de sécurité financière. Oui, il y a place à l’amélioration, mais sachez que ce taux de «pas d’allures» est un des plus faibles.
À titre de comparaison, sur 17 477 membres de l’Ordre des comptables agrées en 2008-2009, 153 plaintes se sont transformées en accusations d’infractions de toutes sortes. Le ratio de moutons noirs chez les CA est donc de 0,87%. Est-ce que l’Ordre des CA nous met en garde contre les comptables véreux? Est-ce que le Barreau nous demande de changer de trottoir devant une toge pas repassée?

Porter plainte à l’AMF, ça fonctionne

Le 6 septembre 2009, j’ai écrit un billet sur la contrefaçon dans l’industrie financière. Après l’éclatement de la fraude du faux conseiller Earl Jones, TVA a mis sous les projecteurs que des dizaines d’entreprises sans inscription à l’AMF vendaient des conseils financiers de tout acabit. Planifications, consolidations de dettes, rachat de REER immobilisés, stratégies sur devise, règlements de succession, placements boursiers… etc., s’y retrouvent encore !

Quotidiennement, on est bombardé par des pubs sur Google qui vantent aussi des méthodes miraculeuses d’investissement. Au Québec, depuis 6 mois Ratio-Capital nous harcelait nuits et jours avec des offres de rendements herculéens. On ne proposait rien de moins que 29, 39 ou 47% par ANNÉE ! En ratissant leur site, j’ai constaté que les promoteurs y allaient fort et n’étaient inscrits dans aucune catégorie de permis de l’AMF. Je ne pouvais laisser ça lettre morte, je me suis dit que comme conseiller, j’en avais assez de passer pour un clown lorsque des imposteurs s’improvisaient financiers et travaillaient hors des contrôles. Avant la fin septembre, l’AMF m’a fait parvenir une confirmation écrite m’avisant qu’ils enclencheraient une enquête sur le site et les pratiques de Ratio capital. Le 11 février 2010, l’AMF a fait bloquer les activités de ces pseudo conseillers en qualifiant d’illégales leurs activités.

Ainsi, Christophe Leconte et Denis Hamel induisaient les consommateurs en erreur en utilisant des modèles mathématiques créés en 2004 pour simuler les rendements depuis 1997 ! Et pour solliciter les épargnants par Internet. Concrètement ils invitaient les gens à les payer pour suivre leurs directives d’investissements dans l’institution de leur choix. On exigeait 1% sur leurs actifs par année plus 15% sur les gains. En étudiant de près leurs démarches, l’Autorité des Marchés Financiers a conclu que les promoteurs contrevenaient sciemment à la loi par l’élaboration d’une structure qui visait… à contourner l’application des contrôles légaux. En invoquant la protection du public, et avec raison, on a ordonné la fermeture du site Ratio capital.

Le cabinet Ogilvy Renault dans l’eau chaude

L’AMF vient de sévir et a coincé Dominic Côté, un chef d’équipe en technologie du cabinet d’avocats Ogilvy Renault. On savait depuis longtemps que les avocats en droit commercial avaient souvent les mains dans le coffre à bijoux, mais là ça dépasse les bornes. Le chanceux a pu se faire plus de 520 000$ en bonus. Il savait trader les bonnes actions, celui-là. Monsieur DODO, se servait régulièrement des informations privilégiées qu’il interceptaient ici et là (ou au gré des confidences qu’il obtenait?) pour miser sans risque sur la direction des titres boursiers, dont le cabinet avait des mandats. Selon l’AMF, les procédures et recours ne visent pas le cabinet… Ah bon, il travaillait du trottoir peut-être? Quoi qu’il en soit, on a gelé tous ses avoirs et on passe ses caleçons aux rayons x.

Un conseiller d’Investia fait perdre 1,5 millions à ses clients

Canoe rapporte ce matin qu’un conseiller d’une filiale d’industrielle Alliance, Investia a fait perdre 1,5 million à ses clients. En plus d’administrer des fonds de placement reconnus, Richard Longpré demandait à ses clients de lui prêter de l’argent personnellement contre intérêt. Son statut de conseiller rattaché à une grande organisation mettait sa clientèle en confiance. En déclarant faillite le 24 novembre dernier, Longpré a ainsi lavé ses dettes auprès de ses clients qui le connaissaient parfois depuis plus de 20 ans.

À première vue, selon le site de l’AMF, les prêts de nature personnelle ne sont pas couverts par le fonds d’indemnisation des services financiers. On peut dire que l’industrielle Alliance ne l’a pas eu facile cette année. Rappelons que le fraudeur Normand Burns a été aussi à l’emploi de l’assureur de Québec. Entre 1995 et 2006, il a soutiré plus de 4 millions de dollars à ses clients. Le premier décembre dernier, il a été condamné à 4 ans de pénitencier. Je veux bien croire que l’organisation est malchanceuse, mais il y a certainement lieu de revoir les règles de contrôle et de conformité de ses employés. A ne pas douter, les conseillers rattachés à Investia et Industrielle Alliance vont vivre un pénible temps des fêtes. Le climat était déjà malsain, ils n’avaient pas besoin de cette nouvelle tuile.

92% des planificateurs sont des vendeurs

Vous avez sans doute lu mes prises de position sur l’IQPF et sur les commentaires déconnectés de sa porte-parole. Pour vous remettre dans le contexte, à l’Institut québécois de Planification financière, on considère que les campagnes de vigilance de l’AMF ne visent pas les planificateurs financiers, car ils ne vendent rien. Ils n’offrent que des conseils. Pardon?

Je ne pouvais pas le croire et maintenant, statistiques en main j’affirme qu’on berne le public et on manque sérieusement de respect envers les planificateurs. Hier matin pour en avoir le coeur net, j’ai téléphoné à la Chambre de Sécurité financière, le bras déontologique des professionnels de la finance au Québec. Monsieur Vincent Pâquet m’a gentiment dirigé vers les liens du nouveau site de la Chambre qui contiennent les données les plus récentes et il m’a aussi transmis les données complémentaires que je vous présente.

Concrètement au Québec, il y a 32 400 conseillers. De ce nombre, 53% sont des femmes, 86% sont francophones et 82% ont entre 30 et 60 ans.

Pour ce qui est des champs de pratique, on retrouve 12 300 membres qui offrent des produits de placements et de protection des compagnies d’assurance. 4 400 offrent des assurances collectives, 24 000 des fonds communs, 900 des plans et bourses d’études et 4 800 de la planification financière. Si on additionne tous ces permis, on arrive à un total de plus de 46 000… sur 32 000 membres. On comprend que certaines personnes possèdent plus d’un permis.

Revenons à ce qui nous intéresse; les planificateurs financiers.  Ils représentent 13,6% des conseillers inscrits et parfaitement en règle. De ce nombre, si je retire ceux qui n’ont strictement rien à vendre, car ils n’ont pas de permis en fonds, ni assurance, ni bourse d’études… il en reste 407! À peine plus de 8% de ceux qui préparent une planification financière et successorale n’ont pas en tête, une commission générée par un produit financier qu’ils vont ensuite vouloir vous vendre. Soit 1,26% de l’industrie. Des 407, il y en a un bon nombre qui ne fait même pas de planification. Ils ont le titre, car ça paraît bien de le combiner à leur fonction de comptable, notaire , actuaire, avocat… ou même de gérant d’un guichet automatique!

Sur les 4 800 planificateurs, très peu vivent de la planification financière. Le titre est galvaudé royalement afin de rehausser la crédibilité du personnel au service à la clientèle et de la force de VENTE des réseaux captifs. Donc, 4 393 ou 92% des planificateurs sont des vendeurs. C’est assez clair. Dans les banques et caisses, plus d’une fois on m’a confirmé que c’était un obligation d’obtenir le titre de planificateur pour conserver un emploi dont les tâches n’inclueront JAMAIS de la planification. Est-ce une situation de conflits d’intérêts? Certainement. Alors lorsqu’à l’IQPF on s’époumone en clamant que les membres n’ont pas besoin d’être «investigués» car il n’offrent pas de produit… on joue la comédie ou on fait les innocents comme le maire Tremblay. Et s’ils ne sont pas vendeurs, dites-moi, que font tout ces gens avec des permis de VENTE de produits d’assurance ou de placement?

Sachant que seulement 1,26% des professionnels de l’industrie n’a rien à vendre, peut-on tout de même être bien conseillé? OUI. Il n’y a pas de mal à être vendeur. C’est un métier intéressant et  très valorisant.  Il est cependant très hypocrite de prétendre que les planificateurs vivent des conseils alors que les statistiques démontrent que c’est la VENTE qui leur donne à manger. Alors attention, si vous souhaitez obtenir les services et produits d’un professionnel aux mains libres, assurez-vous que celui-ci n’a pas de quota de vente ou pire, qu’il n’est pas obligé d’inclure un certain pourcentage des produits du catalogue exclusif de sa firme. Autrement, on fait passer les intérêts de l’institution financière AVANT ceux des clients. Par exemple, si le planificateur travaille pour l’industrielle-Alliance, Investors ou la Banque Nationale, exigez par écrit que ses solutions proposées proviennent de tout autre manufacturier. Point. On refuse? Allez chez un conseiller ou planificateur indépendant qui n’a aucun lien d’emploi avec une quelconque institution.

Oui, chacun a le droit de gagner sa vie. Mais, chaque client a aussi droit de ne payer QUE le nécessaire et de connaître les ramifications et points de pression qui influencent la pratique des conseillers et planificateurs. Il faudra surement à en venir un jour aux mêmes conclusions que le législateur Australien en est venu: FINI les commissions.

Au lieu de vouloir protéger son membership à tout prix comme une micro centrale syndicale de poseurs de bardeaux, les dirigeants de l’IQPF devraient tendre la main aux autres professionnels et coordonner ses efforts d’éducation du public avec ceux de l’AMF. Est-ce que l’équipe en place a suffisamment de diplomatie et de talents pour le faire?

Les planificateurs financiers ne vendent de produits financiers!!???

Je me suis étouffé dans mon café ce matin. Je lisais sur conseiller.ca les commentaires du RICIFQ au sujet de la campagne de sensibilisation de l’AMF. Comme on le sait, l’AMF vient d’investir 1 million dans des pubs avec Guy Mongrain comme porte-parole. Il explique sa mésaventure et invite les gens à investiguer AVANT d’investir.

Le RICIFQ croit qu’on met trop l’emphase sur la peur et pas assez sur l’éducation et l’information. Mon café a «splashé» dans mes lunettes en lisant les commentateurs de la directrice de l’IQPF, Jocelyne Houle-LeSarge. Toujours à côté du sujet, elle nous démontre encore une fois qu’elle est très loin du vrai monde.

Elle affirme que l’Institut québécois de planifications financières (IQPF) ne se sent pas que ses membres sont directement visés par la campagne de l’AMF. « Quand on parle d’investissement, on parle de placement. Or, les planificateurs financiers offrent des conseils. Ils ne vendent pas de placements »

Mais elle est déménagée sur la lune celle-là! TOUS les planificateurs qui m’entourent VENDENT des placements pour survivre. TOUS les planificateurs des banques et caisses vendent des placements et des assurances pour pouvoir GARDER leurs emplois. Et LA madame ne sait pas ça! Vite,

Elle a encore manqué une formidable occasion de se taire, parce que justement Guy Mongrain a été floué de 300 000$ par un PLANIFICATEUR financier dûment inscrit et parfaitement en règle. J’ai vu le message. Il est intéressant. Mais, je trouve un peu paradoxal d’utiliser Guy Mongrain dans le contexte. Bon gars, sympathique et tout, mais… il incarne à lui seul les jeux de hasard et l’industrie de la loterie Québécoise. Lui et Yves Corbeil, ne sont quand même pas des symboles crédibles d’encouragement à la saine planification du budget. Ils incarnent plutôt la pensée magique et le rêve facile d’un gratteux et des roues chanceuses.

Autorité et crédibilité

Imaginez un policier avec une matraque en caoutchouc. Un gardien de l’ordre qui achète ses menottes au Dollarama. Une police montée sur un chameau…

L’Autorité des marchés financiers, c’est tout ça! Difficile à croire mais c’est authentique; l’AMF a perdu 16 millions de dollars en mauvais placements. Si vous ne saviez pas, elle doit gérer 429 millions qui servent au fonds de protection des épargnants. Cette assurance prévoit un remboursement de 100 000$ par compte, par personne, en cas de faillite de son institution financière.

Par l’entremise de la Caisse de dépôt et placement du Québec, elle a investi 33 millions dans du papier commercial adossé à des actifs toxiques! Résultat: elle a dû radier 43% de cette valeur, puisque cet instrument n’est plus liquide. On ne sait pas encore à quel moment on pourra transiger à nouveau cette camelote, mais, ce n’est pas de sitôt. Le papier commercial dérivé est un des pivots de la crise économique que nous subissons. Ces «Sponge» ont absorbé pas moins de 1500 milliards jusqu’à maintenant!

Il est ahurissant que de constater que l’organisme de surveillance des produits de placements et de l’industrie financière soit incapable de placer en sécurité ses propres fonds. Mais comment les représentants de l’AMF peuvent encore avoir la légitimité de réglementer un secteur économique qu’ils ont peine à comprendre?

Pourquoi avoir placé des sommes là-dedans? Pensez-y, l’AMF a des réserves destinées aux investisseurs malchanceux et PERD cet argent…

Il est temps de faire une vaste enquête sur le sujet. Il y a des joueurs québécois qui ont manipulé sciemment l’industrie et qui se sont engraissés avec ce foutu papier cul. Cette dernière bourde de l’AMF est inconcevable. Des têtes doivent rouler. On ne peut laisser en place les mêmes imbéciles gérer ce qu’il nous reste de fonds d’urgence.

Le criminel professionnel

Devant toute la médiatisation de l’affaire Norbourg, les avocats de Lacroix croyaient qu’il ne pourrait avoir un procès juste et équitable. Mais, devant la preuve accablante et certainement devant une proposition d’échanges d’informations, voir une entente avec la couronne, Vinny a plaidé coupable aux 198 accusations criminelles qui pesaient contre lui.

Dommage, on ne pourra peut-être jamais savoir pourquoi la Caisse de Dépôt et de Placements du Québec lui a cédé sans vérifications «Justes et équitables », sur un plateau d’argent les fonds Évolution de Teraxis. On ne saura peut-être pas non plus, pourquoi à l’AMF, à chaque fois que quelqu’un tirait sur la sonnette d’alarme, une main « juste et équitable » venait l’éteindre et l’empêcher de retentir trop fort. On ne saura peut-être pas, pourquoi l’ancien président de la Caisse de Dépôt, Jean-Claude Scraire obtenait des contrats « justes et équitables » de Norbourg…

Mais au moins, c’est maintenant officiel. Avec son beau casier judiciaire tout neuf, la prochaine carte d’affaires de Vincent Lacroix pourra légalement et officiellement porter les titres de: fraudeur, crapule, voleur, bandit, filou, vilain, magouilleur, manipulateur… et criminel agrée!

Marché noir de la finance

Avec l’affaire Earl Jones, on vient de s’apercevoir que la finance et les conseils en valeurs mobilières ont aussi un marché noir. Des pseudo-professionnels qui vendent leurs services et conseils mais qui s’obstinent à rester en marge du système et des contrôles de conformité. Comme avec la contrefaçon, des milliards se transigent encore par de biais de recommandations «facturées». L’argent n’est pas détourné de façon spectaculaire comme dans le cas Jones ou Madoff mais, des frais et honoraires sont chargés sans passer par les vérifications obligatoires des autorités réglementaires.

Rare exception? Je ne suis pas certain. Parmi les pubs de Google nous pouvons régulièrement y voir des offres alléchantes de savants de la finance qui veulent notre bien… Ils ne sont ni plus ni moins que des imposteurs. Un trio de ceux-là s’affichent sous le vocable technique: Ratio Capital.

Sur la page d’accueil, on ne peut que se surprendre de la tactique employée. Elle défie la loi de la gravité en faisant valoir des rendements deux fois plus élevées que ceux promis par des Jones, Madoff, Stanford et compagnie.  Ce panneau invite tous les nigauds à tomber dedans. On ne cesse pourtant de le répéter, méfiez-vous des trop gros rendements. Leur «Ratio momentum pour le TSX de petites et moyennes capitalisations» auraient procurer 49% de rendement annuel depuis 1997. Quand j’ai vu ça, j’ai pensé au capitaine bonhomme et après coup, je me suis dit… c’est là une belle démonstration de «prévisionnistes» du passé. Par des logiciels et analyses quantitatives complexes et exclusives, ils font la démonstration qu’avec eux… le PASSÉ auraient été supérieur. 49%, par année wow!

Génial. Mais pourquoi, ont-ils besoin de clients et de poissons qui leurs payent 1% par an pour appliquer leurs modèles PLUS 15% des profits. Pourquoi ne sont-ils pas sur une plage de St Maarten en train de siroter des mojitos à côté de 6 poupounes au top à l’air?

Avec des tableaux et explications biaisées ou dépassés par l’actualité, ils font valoir que les fonds communs ne battent jamais les indices. Ils sortent une statistique simpliste qui dit que 96% des fonds communs ne battent pas l’indice. Leur propre référence, Standard & Poors vient plutôt de publier des chiffres officiels très différents.

Mais que des fonds les surclassent ou pas, ce n’est pas le sujet. Qui est assez idiot pour se fixer comme objectif de référence, un indice boursier deséquilibré (60% dans la finance et les ressources) sans tenir compte de sa tolérance au risque et de ses besoins familiaux. La vrai vie est composé d’une multitude de facettes comme les séparations de conjoints, les études des enfants, la maladie et les changements d’emploi… Un professionnel de la finance accrédité prend en compte ces aspects plutôt que de suivre aveuglément des indices boursiers contaminés par des élans spéculatifs et des livres comptables truqués de compagnies comme Bre-X, Livent, Cinar, Nortel et autres cochonneries.

Malgré leur démenti et limite de responsabilité, un fait demeure, Ratio capital monnaye des conseils financiers sans être inscrit auprès de l’AMF. Ses dirigeants ont beau avoir une belle feuille de route en informatique et avoir réalisé quelques bons coups personnels, ils ne sont pas inscrits auprès de l’Autorité des Marchés financiers du Québec et ne souscrivent certainement pas à des assurances en responsabilités personnelles. Juste au cas où la vraie vie n’aura pas été prévue par leurs modèles informatiques quantitatifs et qu’un de leur client aurait subis des pertes par erreurs ou omissions de leurs parts.

Et si avant de vouloir battre l’indice en faisant affaire avec la première firme de vendeur de rêve sur le web, on tentait simplement de conserver son actif en ne retenant les conseils que des firmes sérieuses sous le contrôle et la juridiction de l’AMF?

Personnellement je suis outré de voir que ces beaux parleurs exigent 15% des gains que leurs belles recommandations peuvent engendrer mais, ils se déresponsabilisent totalement des pertes en affichant des mises en garde du genre  » …nos dirigeants et partenaires ne peuvent en aucun cas être réputés avoir fourni des conseils financiers par l’entremise de ce site web… » blablabla… Et si ce ne sont pas des conseils ou recommandations, pourquoi exigent-ils des frais? L’imputabilité, ça vous dit quelque chose?

Pour contrer la contrefaçon, il faut parfois faire des démonstations au rouleau compresseur. Ce billet a été transmis à l’AMF le dimanche 6 septembre 2009 à 15:16

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