Parallèle entre 1929 et 2010
- Mardi 13 juillet 2010
- ParFabien Major
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On aura beau «payer» les investisseurs, ils obtiendront toujours des rendements désastreux à long terme. Preuve est faite que les acheteurs de fonds négociés en bourse ne battent pas les indices. Pire, ils font moins bien que plusieurs fonds communs bas de gamme. Ce constat ne vient pas de prétentieux ou de conseillers en manque de clients, mais de John C. Bogle, fondateur du groupe de fonds indiciels Vanguard. Un géant américain qui administre 1,3 billion de dollars. Si on peut rattacher la paternité de l’investissement indiciel, c’est bien à monsieur Bogle. Lire Plus
La crise actuelle est bien un événement isolé et ne peut en aucune manière servir à faire des projections. Il est facile d’isoler une donnée de son contexte et d’en faire des extrapolations. Autant les résultats des deux derniers mois sont extraordinaires, qu’il serait hasardeux de prétendre que l’année 2009 (si on se fit aux résultats des deux derniers mois +25%), devrait produire un rendement de … 150%!
À l’inverse, des indices à -40 et -50% ne sont pas la norme. Alors, c’est quoi la norme?
Déposons sur une courbe normale, chacune des 200 dernières années civiles avec leurs rendements boursiers. Ainsi, au cours des deux derniers siècles, 2008 se classe parmi les 3 seules années où les marchés ont reculé de plus de -30%. 1931 étant la pire, avec un recul de près de 50 points.
À l’opposé, des années avec des poussées de plus de 40% sont très rares et seules les années 1862 et 1933 ont affichés des gains de plus de 50%. La médiane de la courbe se trouve entre 0 et 10%. La moyenne des rendements se situe entre -10 et +30%. En statistiques, les extrémités sont des exceptions et bonne nouvelle, elles sont plus nombreuses du côté positif!
Les données et graphiques ont été compilées par l’équipe de recherche de Fidelity, FMR.
Les analystes Mark Shmeer et Patrick Richardson d’Investissements Manuvie ont relevé une observation intéressante à propos des creux historiques du S&P 500. Le lundi 9 mars, l’indice a clôturé à 676,53 ; avec le recul, il semble que cela constituait une excellente occasion d’achat. Le marché a progressé de 11,8 % au cours des quatre jours qui ont suivi et, à la clôture de la séance du 18 mars, il avait augmenté de 17,4 % par rapport au creux enregistré.
Un redressement de plus de 10 % en quatre jours consécutifs ne s’est produit qu’à neuf autres occasions depuis la Seconde Guerre mondiale, notamment à deux reprises en 2008. À toutes ces occasions, à l’exception d’une seule, le marché a cédé certains de ces gains et présenté une deuxième et parfois une troisième occasion d’achat. Cependant, le marché chute en moyenne de 10 % par rapport au niveau de redressement atteint en quatre jours, parfois sur une période de quatre mois, et, dans la plupart des cas, cette baisse représente vraiment une excellente occasion d’acheter des actions.
Toutefois, en octobre 1982, le marché a poursuivi sa lancée après s’être redressé pendant quatre jours. Il y a des différences remarquables entre cette situation et les autres. La progression de 10 % en 1982 ne s’est pas produite après que le marché ait atteint un creux comme c’était le cas les huit autres fois ; elle est survenue après que le marché ait déjà enregistré une hausse de 20 % par rapport au creux. À l’exception de la reprise de 1982, le marché s’est toujours replié, au cours des quatre mois qui ont suivi, d’au moins 6,8 % par rapport au niveau de redressement atteint en quatre jours.
Les graphiques ci-dessous présentent les données historiques de l’indice S&P 500 au cours des périodes de reprise, les hausses de plus de 10 % en quatre jours étant indiquées en rouge. Ce qui est le plus frappant, c’est que les reprises boursières, comme celle qui s’est produite la semaine dernière, ont tendance à survenir peu de temps après que le marché ait atteint un creux. Les reprises n’indiquent pas toujours qu’il s’agissait du creux absolu, mais se produisent souvent à la suite d’un creux double ou même triple. Étant donné qu’il s’agit de la troisième reprise à survenir dans le creux de la vague que nous semblons connaître, cela pourrait indiquer que le creux du 9 mars était le dernier. D’un autre côté, nous pouvons en subir un autre, mais, même si c’est le cas, le mouvement boursier de la semaine dernière nous laisse croire qu’il s’agit d’un bon moment pour acheter des actions. Si le marché atteint encore un creux comme celui enregistré en mars au cours des prochains mois, il est probable que cela représentera une excellente occasion d’achat.

Trois autres progressions de plus de 10 % en quatre jours ont été enregistrées depuis la Seconde Guerre mondiale, mais elles se sont produites pendant une période qui chevauchait celle d’une autre reprise de quatre jours. Ainsi, nous avons exclu les reprises qui se sont terminées les 11 et 14 octobre 1974 et le 28 novembre 2008, mais nous avons inclus celles qui ont pris fin le 10 octobre 1974 et le 26 novembre 2008.
Voici les 10 raisons qui me font croire que le plancher a été atteint et qu’on doit retourner sur les parquets (sur la pointe des pieds) mais quand même…
1-Les marchés reprennent de la vigueur rapidement et les gains s’estompent par la suite. Depuis 1900, les 10 meilleurs jours de l’année ont produit les deux tiers des rendements annuels du Dow Jones.
2-Selon un dernier sondage de CNN, la confiance des Américains dans les mesures de rétablissements économiques prônées par leur gouvernement est passée de 8% en novembre à 42%!
3-Même si l’analyse technique nous emmerde, le SP 500 vient de passer le test des 50 jours au-dessus de son support de moyennes mobiles.
4-Les marchés reprennent généralement 5 ou 6 mois AVANT la reprise économique réelle.
5-Le professeur Jeremy Siegel qui a étudié tous les gros mouvements boursiers depuis 1801 est formel. Dans 75% des cas, les rebonds de marchés ne trouvent pas d’explication rationnelle. Tentez de prédire le bon moment pour revenir n’est que temps perdu! On doit y être, c’est tout!
6-Les «supposés experts» qui courent après les caméras de télévision et micros des médias économiques se trompent aussi souvent que vous et moi. Pensez à Michel Girard de La Presse qui a recommandé Nortel à plus de 100$ et qui vouait une admiration sans borne aux «Linked Notes» ou mieux, Jim Cramer qui a recommandé chaudement l’achat de Bear Stearns 6 jours avant sa faillite… Le professeur Philip Tetlock de l’université Stanford a étudié plus de 82 000 opinions de 284 experts économistes et journalistes financiers. Sa conclusion… plus un expert est cité dans les médias plus médiocres est l’exactitude de ses prédictions! Ainsi, il rappelle que les médias en particulier la télévision recherchent avant tout des «Showman» pour aller chercher de l’audience.
7-Les économistes ne sont pas tous objectifs… Michael Boskin, économiste et proche conseiller de Bush (père et fils) remporte la palme. Une de ses études concluait que des revenus inattendus de plus de 12 billions allaient engraisser le trésor public dans les prochaines décennies. Les retraits des épargnes retraites avaient selon lui été sous-estimés. Son argumentaire avait évidemment été salutaire pour l’élection de George Bush fils. Après révision, Boskin a changé d’idée et les 12 billions ne seront certainement pas au rendez-vous. S’cusez-la!
8-L’indice manufacturier ISM montre des signaux positifs. Les marchés adorent ce genre de bonnes nouvelles surprises.
9-Pour une des rares fois dans l’histoire, les dirigeants des plus grands pays industrialisés s’entendent pour prendre des mesures concrètes afin d’encadrer les hedgefunds, contrer les paradis fiscaux et le secret bancaire. Fini les intentions, on veut du concret! Merkel et Sarkozy y jouent leur avenir politique.
10-Les 43 indices de fonds communs de placement Morningstar sont positifs. Après des mois de vaches maigres, le taureau s’est engraissé en mars!